‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 167 sur 277 · SCÈNE PKEMIÈKE · texte numérisé non relu

SCÈNE PKEMIÈKE

( La prison de Jacopo Foscari. ) JAGOPO FOSCARI , seul.

Point de clarté, si ce n'est cette faible lueur qui me montre des murs dont l'écho n'a jamais répété que les accens de la douleur, le soupir d'une longue captivité, le bruit des pieds chargés de chaînes, le gémissement de la mort, l'imprécation du désespoir; et voilà cependant pourquoi je suis revenu à Venise, avec la timide espérance , il est vrai, que le temps , qui use jusqu'au marbre , aurait détruit la haine dans le sein des hommes; mais je ne les connaissais pas; il faut que je consume ici mon propre cœur, qui ne battit jamais pour Venise qu'avec l'émotion de la colombe éloignée de son nid , au moment où elle prend l'essor pour aller revoir sa jeune famille. ( Il s'approche du mur. ) Quels sont ces caractères tracés le long de ce mur inexorable ? Cette pâle lueur me permettra-t-elle de les deviner .^^ ah! ce sont les noms des malheureux qui m'ont précédé ici... les dates de leur désespoir et les courtes expressions d'une douleur trop cruelle pour la plupart d'entre eux. Cette pierre contient leur histoire comme une épitaphe , et la plainte du pauvre captif est gravée sur la barre de son cachot , comme le souvenir de l'amant sur l'écorce de l'arbre où son chiffre est entrelacé avec celui de sa bien-aimée. Hélas ! je reconnais quelques noms qui me furent familiers, et flétris comme le mien que je vais leur ajouter comme propre à figurer dans une

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