‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 168 sur 277 · ACTE TROISIEME. .-^O · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME. .-^O

semblable chronique écrite et lue par des malheureux seuls. ( // grave son nom. Un familier des Dix entre. )

L£ FAMILIER

Je vous apporte votre nourriture.

JACOrO FOSCARI.

Déposez-la par terre; je n'ai plus faim; mais mes lèvres sont desséchées... où est l'eau .^

LE FAMILIER

JACOPO FOSCAUi, après avoir bu.

Je vous remercie, je suis mieux.

LE FAMILIER

J'ai ordre de vous informer que la continuation de votre procès est différée.

JACOPO FOSCARI

Jusques à quand ?

LE FAMILIER

Je l'ignore... J'ai aussi l'ordre d'admettre votre illustre épouse.

JACOPO FOSCARI

Ah ! ils s'adoucissent donc... j avais cessé de l'espérer; il était temps. ( Marina entre. ^

MARINA

Mon bien-aimé !

JACOPO FOSCARI , V embrassant.

Ma fidèle épouse, ma tendre amie! quel bonheur!

MARINA

Nous ne nous séparerons plus.

JACOPO FOSCARI

Comment! voudrais-tu partager mon cachot '.'

MARINA

Oui, et la torture, le tondjeau... je voudrais tout partager avec toi ; mais le tombeau le plus tard possible , car là nous ne nous connaîtrons plus ;] cependant je le partagerais volontiers avec toi... tout, excepté une nouvelle séparation; een est trop d'avoir survécu à la première! Comment es-tu?

et tes membres épuisés? Hélas î pourquoi le demander? ta

pâleur...

JACOPO FOSCARI

C'est le plaisir inattendu de te revoir sitôt, qui a refoulé tout mon sang dans mon cœur et rendu mon visage semblable au tien, car tu es pâle aussi , ma tendre Marina.

MARINA

C'est l'effet de l'obscurité de cet éternel cachot qui ne connut jamais les rayons du soleil ; la torche du familier jette aussi ime sombre lueur qui semble ajouter aux ténèbres plutôt que de les dissiper, en mêlant aux vapeurs du cachot sa fumée bitumineuse ; elle entoure d'un nuage tout ce que nous considérons, môme tes yeux... mais non... comme ils étincellent !

•TACOPO FOSCARI.

Et les tiens!... Mais je suis ébloui par la torche.

MARINA

Je l'eusse été sans flamme... Pouvais-tu voir ici ?

JACOPO FOSCARI

Rien d'abord 5 mais l'habitude et le temps m'ont familiarisé avec les ténèbres ; et le pâle demi-jour de ces rayons qui se glissent à travers les fissures faites par les vents était plus doux à mes regards que la splendeur du soleil quand il dorait de ses riches rayons d'autres édifices que ceux de Venise. Un moment avant que tu entrasses... j'écri^'^ais.

MARINA

Quoi ?

JACOPO FOSCARI

Mon nom; regarde, le voici... auprès du nom de celui qui me précéda dans ce lieu , si les dates du cachot disent vrai.

MARINA

Et qu est-il devenu ?

JACOPO FOSCARI

Ces murs se taisent sur la fin des captifs; ils ne savent nous en donner qu'un soupçon. Jamais des mm-s plus sinis-

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