‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 176 sur 277 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MARINA

Je ne voudrais pas qu ils vissent leur père dans un lieu qui, mêlant la crainte à l'amour, glacerait leur sang dans leur cœur. Aucun soin ne leur a manqué; leur sommeil fut toujours tranquille : ils ignorent que leur père est un proscrit. Je sais bien que son destin sera un jour leur héritage, mais qu'il n'afflige pas du moins leur enfance. Leurs cœurs ouverts à l'amour le sont encore à la terreur : ils pourraient être frappés de l'humide obscurité de ces ondes verdàtres qui flottent au-dessus du lieu où nous nous trouvons,- carie cachot profond sous le niveau de la mer exhale sa vapeur pestilentielle à travers chaque crevasse. Ce n'est point une atmosphère pour eux, quoique vous puissiez la respirer sans danger, vous mon père, vous mon époux, et vous surtout comme le plus digne , vous noble Loredano.

JACOPO FOSCARI

Je n'y avais pas réfléchi, je me rends. Je partirai donc sans les voir.

LE Docr.

Non... ils vous attendront dans mon appartement.

JACOPO FOSCARI

Et dois-je les quitter tous ?

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