‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 177 sur 277 · I.OREDANO · texte numérisé non relu

I.OREDANO

11 le faut.

Pas un seul? Ils sont à l'Etat.

JACOPO FOSCARI

LOREDANO

3IARI1NA.

Je croyais qu'ils étaient à moi.

LOREDANO

Oui , dans tout ce qui tient aux soins maternels.

MARINA

C'est-à-dire dans tout ce qui est pénible. S'ils sont malades, on me les laisse pour leur donner mes soins; s'ils meurent, c'est à moi de les ensevelir et de les pleurer; mais ,

s'ils vivent, on en fera des soldats, des sénateurs, des esclaves , des exiles... ce qu'on voudra j ou , si ce sont des filles à riches douaires , on les donnera pour femmes ou pour maîtresses aux nobles afin de les séduire. Voilà les soins de l'État pour les fils et les mères.

LOREDANO

L'heure approche et le vent est propice.

JACOPO FOSCARI

Comment le savez-vous ici , où jamais le vent ne souffle en liberté ?

LOREDANO

Il était favorable quand je suis venu. La galère est à la portée du trait de la Riva di Schiavoni.

Mon père , je vous prie de me précéder pour préparer mes enfans à voir leur père.

LE DOGE

Sois ferme , mon fils.

JACOPO FOSCARI

Je ferai tous mes efforts pour l'être.

MARINA

Adieu , adieu du moins à cet odieux cachot , et à celui dont les bons offices ont en partie causé votre captivité.

LOREDANO

Et sa délivrance.

LE DOGE

Il dit vrai.

JACOPO FOSCARI

Sans doute ; mais je ne lui dois que d'échanger mes chaînes pour d'autres plus pesantes. Il le sait... je ne lui fais aucun reproche.

LOREDAXO.

Le temps presse, seigneur.

JACOPO FOSCARI

Hélas ! je ne croyais guère quitter avec tant de regrets un semblable séjour; mais , quand je pense que chaque pas qui

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