ACTE TROISIEME
m'éloigne de ce cachot m'éloigne aussi de Venise ., je me retourne vers ces murs humides , et...
LE DOGE
Mon fils, point de larmes.
MARINA
Laissez-les couler : il n'a point pleuré sur le chevalet, ici elles ne sauraient lui faire honte , elles soulageront son cœur... ce cœur trop tendre.... et je trouverai une heure pour essuyer ses larmes ou y mêler les miennes. Je pleurerais maintenant, mais je ne veux point donner cette satisfaction à ce misérable... Partons ; Doge , précède-nous. LOKEDANO , ttu geôlier.
La torche !
MARINA
Oui , éclaire-nous , comme pour nous conduire à un bûcher funèbre , pendant que Loredano nous suit avec le deuil d'un héritier.
LE DOGE
Mon fils , vous êtes faible ; prenez cette main.
JACOPO FOSCARI
Hélas ! faut-il que la jeunesse s'appuie sur la vieillesse , et moi qui devais être le soutien de la vôtre ?
LOREDANO
Prenez ma main.
MARINA
Ne la touche pas , Foscari ; c'est le dard d'un serpent. Seigneur, tenez-vous à l'écart. Soyez sûr que si votre main devait nous tirer du gouffre où nous sommes plongés , aucune des nôtres ne s avancerait pour la saisir. Viens , Foscari, prends la main que l'autel t'a donnée ; elle n'a pu te sauver , mais elle te soutiendra toujours. ( Ils sortent. )
.rJO LES DEUX FOSCARI.