‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 187 sur 277 · A1UNA · texte numérisé non relu

A1UNA

Ne nie donnez pas ce nom, vieillard ; vous n'avez, plus de lille... puisque vous n'avez plus de fils. O Foscari ! l'officier.

Il nous faut transporter le corps.

MARINA

Ne le touchez pas , vils geôliers ! votre lâche ministère finit avec sa vie , et ne va pas au-delà du meurtre , même d après vos lois homicides: laissez son corps à ceux qui savent l'honorer.

l'officier.

Il faut que j'informe la Seigneurie de Venise, et prenne ses ordres.

LE DOGE

Informe la Seigneurie, de ma part, de la part du Doge , qu'elle na aucun pouvoir sur ses cendres; tant qu il vécut il appartenait àVEtat, comme son sujet... maintenant il m'appartient... mon malheureux enfant! (yU officier soft.)

MARINA

Et je vis encore!

LE DOGE

Vos enfans vivent, Marina.

MARINA

Mes enfans ! oui... ils vivent, et je dois vivre pour leur apprendre à servir la république , et à mourir comme leur père. O quel doux bienfait serait la stérilité à Venise ! pourquoi ma mère n'en fut-elle pas frappée !

LE DOGE

Mes malheureux fils !

.?30 LES DEUX FOSGARl.

VARINA.

Vous êtes donc sensible enfin... vous! Où est le stoïcien , homme d'État?

LE DOGE , se jetant sur le corps de sonjifs.

MARINA

Oui , pleurez ! je croyais que vous n'aviez plus de larmes... vous les aviez réservées jusqu'au moment où elles sont inutiles: mais pleurez : il ne pleurera plus, lui... non, jamais. ( Loredano et Barbarigo entrent. )

LOREDANO

Que vois-je ?

MARINA

Ah! le démon vient insulter les morts 5 éloigne -toi, démon incarné ; c'est ici une terre sainte : voici les cendres d'un martyr , qui *^ont de ce lieu un autel... Retourne au séjour de tes tourmens.

BARBARIGO

Madame , nous ignorions ce triste événement ; nous re^ venons du conseil.

MARINA

Passez donc.

LOREDANO

Nous cherchons le Dojïe.

MARINA, lui montrant le Doge étendu sur la terre, près du corps de sonjîls.

Le voilà occupé comme vous le désiriez : êtes-vous content ?

BARBARIGO

Nous n'interromprons pas la douleur d'un père.

MARINA

Non , vous la causez seulement : laissez-nous donc.

LE DOGE , se relevant.

Seigneur, je suis prêt.

IARBARIG0.

... Non... pas à présent.

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