‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 204 sur 277 · BYRON · texte numérisé non relu

BYRON

PERSOiNNAGES.

WERNER

ULRIC

STRALENHEIM

IDENSTETN.

GABOR

FRITZ

HENRICR.

ERIC

ARNHEIM

MEISTER

RODOLPHE

LUDWIG

JOSÉPHINE

IDA STRALENHEIM

Lieu de la scène. Les trois premiers actes sur la frontière de la Silésie , et les deux derniers au château de Siegendorf , près de Prague.

Époque. — La On de la guerre de trente ans.

Le drame* suivant est entièrement emprunté de Kruitzner, nouvelle allemande , publiée , il y a plusieurs années , dans les Contes de Canterbury'. Ces contes ont été composés par deux sœurs, dont l'une, Henriette Lee, fournit seulement Kridtzner et un autre, qui sont tous deux considérés comme les meilleurs du recueil.

J'ai adopté les caractères, le plan, et souvent même le langage de cette histoire ; quelques uns des cax'actères sont modifiés ou changés, et j'en ai ajouté un, celui d'Ida de Stralenheim ; mais du reste l'original est généralement suivi. Je crois que c'est à l'âge de quatorze ans que je lus, pour la première fois , ce roman , qui fit sur moi une vive impression, et qui renferme, pourrait-on dire, le germe d'une grande partie de ce que j'ai écrit depuis. Je ne sais trop s'il a jamais été populaire , ou si d'ailleurs sa popularité v été éclipsée par celle d'autres grands écrivains dans le même genre j mais j'ai trouvé généralement que ceux qui l'avaient lu convenaient, comme moi, de l'imagination et de la conception singulière de l'auteur. Je n'en dirai pas autant de l'exécution , car cette histoire aurait pu être développée plus

* On trouvera peut-être étrange le titre de tragédie que îord Byron donne ailleurs à Werner ; c'est que, d'après notre poétique, ce litre n'appartenait jus- .qu'ici en France qu'à une œuvre dramaliguc dont tous les personnages portent le cothurne. Les Anglais eux-mêmes n'appellent point tragédie les cliefs-d' œuvra Je Shakespeare : ce sont des /)/ays , des pièces de lliéâlre.

Lord Byron a admis dans Werner à^i personnages très subalternes, dont le langage est conforme à leur état, sans être cependant trivial; il n'a plus respecté, comme dans le Doge, Sardanapale, et Foscarl , l'unité de lieu ni celle de temps, qu'il avait lui-même reconnues indispensables à la tragédie. Réduit à la prose , par la traduction, Werner s'éloigne encore (jIus du litre de tragédie.

Nous n'avons pas osé appeler Werner un roman drama tijue; ce qui serait peut-être son véritable nom. a. p.

habilement. Parmi ceux dont je pourrais citer 1 opinion iigureraient des noms illustres ; mais ce n'est nullement nécessaire, car chacun doit juger d'après ses propres sentiniens. Je renvoie simplement le lecteur à l'histoire originale , afin qu'il puisse juger combien je lui suis redevable, et je ne serais pas fâché qu'il la Kit avec plus de plaisir que le drame que j'ai fondé sur ce sujet*.

En 1815 je commençai un drame avec la même histoire ( Ulric et Ihina ) ; c'était ma première composition dans ce genre, si ce n'est une autre que j'avais entreprise à l'âge de treize ans , et que j'eus le bon sens de brûler. J'avais presque terminé un acte , lorsque je fus obligé de m'interrompre. Ce premier acte est quelque part dans mes papiers en Angleterre; mais, n'ayant pu le trouver, je l'ai refait et j'ai ajouté les quatre autres.

Mon ouvr.age, tel qu'il est , n'est ni destiné au théâtre , ni susceptible d'y être admis.

Février 1822.

* Ce roman, sur la recommandation de Byron, fut traduit en français; mais le libraire ou les traJuctcurs le publièrent sous le titre du MEURTRE, a. v.

ou L HERITAGE.

Page 1