ACTE PREMIER. 37."î
.lOStl'HIN'E.
Et n'es-tu pas maintenant sous un abri '
WERNER
Voilà lout.
JOSEPHINE
C est quelque chose.
WERNER
Oui, poiw un vassal.
JOSÉl'HINE.
Ceux qui peuvent se vanter d'une noble naissance doivent-ils méconnaître le bienfait dun refuge, que leurs habitudes de délicatesse leur rendent plus nécessaire qu'au vassal, quand le flot de la fortune les abandonne sur les récifs de la vie .^
WERNER
Ce n'est pas cela, tu le sais... Nous lavons supporté, je ne dirai pas avec patience , excepté toi; mais nous l'avons supporté.
JOSÉPHINE
Eh bien !
WERNER
Quoique nos souffrances extérieures fussent suffisantes pour aigrir nos âmes, quelque chose de plus m'a souvent irrité, et aujourd hui plus que jamais. Si ce n'eût été cette maudite maladie qui, m arrêtant sur cette frontière inculte, a épuisé non seulement mes forces, mais toutes nos ressources, et qui nous laisse... JNon! c'est plus que je n'en puis supporter; sans cette maladie, j'aurais été heureux... tu aurais été heureuse... la splendeur de mon rang eût été soutenue... mon nom... le nom de mon père se serait relevé , et surtout...
JOSÉPHINE , r interrompant.
Mon fils... noire Ills... notre Ulric , eiit été serré de nouveau dans ces bras qui depuis long-temps ne le pressent plus sur mon sein; tous les vœux dune mère eussent été •irromplis. Douze années... il n'eu avail que huit alors... il
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était beau, ot il doit l'être encore davantage ; mon l hic !
mon bien-almé!
WKRNER.
J'ai souvent été poursuivi par la fortune; elle m'attaque enfin lorsque mon courage est aux abois... malade, pauvre, seul.
JOSÉPHINE
Seul ! mon cher époux ?
Accompagné de tout ce que j'aime, mon sort est plus cruel qu'une complète solitude. Seul, je serais mort , et tout serait fini dans un tombeau sans nom.
JOSÉPHINE
Et je t'aurais survécu! mais je t'en conjure, console-toi! Nous avons lutté long-temps; et ceux qui résistent à la fortune la domptent ou la lassent à la fin; de sorte qu'ils atteiffnent le terme de leurs maux ou cessent de les ressentir. Console-toi... nous trouverons notre fils.
WERNER
Nous étions à la veille de le trouver , à la veille de recevoir la compensation de tous nos chagrins passés... Etre déçus ainsi !
JOSÉPHINE
Nous ne le sommes pas.
WERNER
Ne sommes-nous pas sans argent :'
JOSÉPHINE
Nous ne fûmes jamais riches.
WERNER
Mais j'étais né pour la richesse, le rang, le pouvoir: j'en ai joui; je les aimais; hélas! j'en abusai et les perdis, par le courroux de mon père, dans mon extravagante jeunesse ; mais cet abus a été expié par de longues souffrances. La mort de mon père *m 'ouvrait un chemin plus facile, quoiqu(> semé d'embûches. Le parent froid et rampant, qui tint si long-temps Treil fixé sur moi , comme un reptile sur l'oiseau