ACTE PR EM I EU
timide, nrauia devancé, sera devenu le maître de mes droits, et de tout ce qui devait m'élever au rang des princes.
Qui sait? notre fils est peut-être de retour auprès de son aïeul, et jouit de tes droits pour le les remettre.
WERNER
Vain espoir ! Depuis son étrange désertion de la maison de mon père, comme s il eût voulu partager mes fautes , il n'a plus donné de ses nouvelles. Je l'avais laissé sur la promesse que me fit son aïeul d'oublier son ressentiment à la troisième génération ; mais le ciel semble réclamer sa sévère préi'ogative , et visiter sur mon fils les erreurs et les folies de son père.
JOSÉPHINE
J'ai conservé meilleure espérance... du moins nous avons trompé jusqu'ici les poursuites de Stralenheim.
WERNER
Nous l'aurions fiiit sans cette fatale maladie, plus fatale qu'une maladie mortelle , puisqu'elle ne m'arrache pas la vie, mais tout ce qui rend la vie supportable : il me semble déjà que mon courage est entouré des pièges de cet avare ennemi. Qui m'assure qu'il n'a point suivi nos traces jusqu'ici i'
JOSÉPHINE
Il ne te connaît pas , et ses espions , qui t'ont si longtemps surveillé, t'ont laissé à Hambouig. Notre départ imprévu et ce ciiangement de nom déroutent tous leurs plans: personne ici ne nous prend que pour ce que nous semblons être.
WERNER
Ce que nous semblons être .'^... dis pour ce que nous sommes... des mendians malades... privés même de tout notre espoir... [Jl rit avee ironie. ')
Hélas! pourquoi cet amer sourire i'
WERNER
Qui devinerait en moi lànic fièic i\\\ fils d une illustre
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maison ? Qui, sous ce vêtement, reconnaîtrait l'héritier d" un domaine de prince... dansées yeux caves et éteints , lorgueil du ran£[ et de la naissance, et dans ces trait» épuisés, sur ce front soucieux, le maître de ces châteaux où chaque jour mille vassaux se nourrissent?
JOSÉPHKÏE.
Vous ne songiez pas à ces biens périssables , mon cher Werner, quand vous daignâtes choisir pour votre épouse la fille dun exilé errant.