‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 210 sur 277 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JOSÉPHINE

Oil ! oui , nous le sommes , mais de loin. (^ A part n Werner.') Ne pouvez-vous flatter cet ennuyeux bavard jusqu'à ce (jue nous sachions ce qu'il veut.^^

IDEXSTEIN.

Fort bien, j'en suis bien aise; je le pensais depuis longtemps; un sentiment secret m'en avertissait... Le sang parle, cousin ; et là-dessus du vin, et buvons à notre connaissance plus intime; les parens devraient être amis.

WERNER

Vous paraissez avoir assez bu déjà; et, dans le cas contraii'e, je n ai pas de vin à vous offrir, autrement il vous serait offert volontiers; mais vous le savez ou vous devriez le savoir. Vous voyez que je suis pauvre et malade, et vous ne voulez pas voir que je veux rester seul.... Mais au fait! qui vous amène ici ?

IDENSTEIN

Qu'est-ce qui m'amènerait ?

WERXER.

Je ne sais , quoique je sache bien ce qui vous ferait sortir.

JOSÉPHINE , a part.

Patience , cher Werner!

IDENSTEIN

\ous ignorez donc ce qui est arrivé?

JOSÉPHINE

Comment le saurions-nous ?

IDENSTEIN

La rivière a débordé.

JOSÉPHINE

Hélas! nous l'avons appris, à notre grand détriment, depiiis cinq jours, puisque c'est ce qui nous retient ici.

IDENSTEIN

Mais ce que vous ignorez, c'est qu'un grand personnage , qui voulait absolument traverser, malgré l'eau et les représentations de trois postillons, s'est nové avec cinq chevaux de poste, lui singe, un chien of vm \\\\c\.

380 WERNER

JOSÉPHINE

Pauvres créatures ! En êtes-vous si^r ?

IDENSTEIN

Oui , du singe , du valet et des chevaux ; mais jusqu'à présent nous ignorons si son excellence est noyée ou non. Ces grands seigneurs sont durs à aller au fond, comme il est convenable pour des hommes de rang; mais ,ce qu'il y a de certain , c'est qu'il a avalé assez de l'Oder pour laire crever deux paysans. Enfin, tout à l'heure, deux voyageurs, l'un Saxon , l'autre Hongrois , qui , à leur propre péril, l'ont tiré des flots , viennent d'envoyer demander un logement ou un tombeau , selon que monseigneur sera vivant ou mort.

JOSÉPHINE

Et où le recevrez-vous .'' Ici, j'espère j si nous pouvons vous être utiles... parlez.

IDENSTEIN

Ici.»^ non ; mais dans l'appartement du prince , comme il est juste pour un hôte noble : c'est un appartement humide sans doute , n'ayant pas été haliité depuis douze ans ; mais d'ailleurs il sort d'un lieu beaucoup plus humide; de sorte qu'il ne prendra guère froid... s'il y est encore sensible; et , dans le cas contraire, il sera plus mal logé demain : néanmoins j'ai recommandé du feu et tout ce qu'il faut; c'està-dire s'il en réchappe.

JOSÉPHINE

Le pauvre homme ! je 1 espère, et de tout mon cœur.

WERNER

Intendant , n'avez-vous pas appris son nom? ( A part à Joséphine. ) Ma chère Joséphine, retire-toi, je ferai parler ce sot. ( Joséphine sort. )

IDENSTEIN

Son nom ^ Bon dieu ! qui sait s'il a maintenant un nom ? Il sera temps de le lui demander quand il sera en état de répondre , ou s'il faut mettre le nom de son héritier sur son épitaphe. Tout à l'heure vous me reprochiez de demander les noms des gens!

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