‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 212 sur 277 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Gviion. Peut-ètiv.

IDENSTEIN

Voyons, combien espérez-vous?

GABOR. '

Je ne me suis pas encore mis à prix: en attendant, ma meilleure récompense serait un verre de votre hockcheimer , un verre orné de riches grappes et de devises à Bacchus, plein jusqu'au bord de votre vin le plus vieux. En retour , si vous courez jamais le hasard d'être noyé ( genre de mortqui, je l'avoue, n'a pas l'air de vous menacer), je vous promets de vous tirer de l'eau pour rien. Vite, mon ami! et songez que pour chaque rasade une vague de moins roule sur votre tête. IDENSTEIN , à part.

Je n'aime guère cet homme-là... il a 1 air d'avoir bouche close et gosier sec, deux choses qui ne me vont pas ; cependant il aura du vin ; si cela ne le déboutonne pas , je ne dormirai pas de curiosité toute cette nuit. ( Idenstein soti. ) GABOR, à Werner.

Ce maître des cérémonies est l'intendant du palais , je présume : c'est un bel édifice , mais dégradé !

WERNER

L'appartement destiné à celui que vous avez sauvé sera plus convenable pour un hôte malade.

GABOR

Je suis surpris que vous ne l'occupiez pas vous-même , car vous paraissez être d'une santé délicate. WERNER, brusquement.

Monsieur ! »

GABOR

Excusez-moi, je vous prie: ai -je dit quelque chose qui puisse vous offenser ?

Rien : mais nous sonnnes étrangers ) un à lautre.

o GABOR.

Voilà pourquoije voudrais que nous fissions connaissance r

384 WERNER

je croyais avoir ouï dire à notre hôte affairé que vous étiez

ici passagèrement , amené par le hasard , comme moi et mes

compagnons.

' WERNER

Cela est vrai.

GABOR

Ainsi , comme nous nous voyons pour la première fois , et que jamais peut-être nous ne nous reverrons , je m'étais proposé d'égayer ce vieux donjon -ci (du moins pour moi) en vous demandant de partager le repas des derniers venus.

W^ERNER.

Excusez-moi... ma santé...

GABOR

Comme il vous plaira. J'ai vécu dans les camps , et peutêtre mes manières sont-elles un peu brusques.

W^ERNER.

J'ai aussi servi, et je sais reconnaître l'accueil d'un soldat.

GABOR

Sous quels drapeaux... sous ceux de l'empire.^ WERNER , cV abord sans hésiter, et puis sHnterronipant après les premiers mots.

Je commandais... non... je veux dire que je servais; mais il y a long-temps , lors de la première guerre de la Bohême contre l'Autriche.

GABOR

Voilà toutes les guerres finies à présent , et la paix a forcé quelques milliers de braves à vivre de leur mieux ; et , à dire vrai , quelques uns prennent les plus courts moyens.

WERNER

Que voulez-vous dire ?

GABOR

Tous ceux qu'ils trouvent sous la main. Toute la Silésie et les bois de la Lusace sont occupés par des bandes d'anciens soldats , qui mettent la contrée à contribution. Les châtelains doivent se tenir derrière les murailles de leurs châteaux... hors de là il n'est pas trop sur de voyager pour

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