‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 215 sur 277 · ACTE PREMIER. 38U · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. 38U

amicale, faite à un inconnu, u'annoncait-elle pas un ennemi secret? Les amis sont moins empressés.

GABOR

Vous semblez rêveur , et ce n'est guère un moment favorable à la méditation. Ces vieux murs seront bientôt pleins de bruit. Voici le baron , le comte , ou quel que soit le titre de ce seigneur à demi noyé , à qui le village et ses pauvres habitans témoignent plus de respect que n'ont fait les élémens.

IDENSTEIN , en dehors.

Par ici... par ici, excellence... Prenez garde, l'escalier est un peu obscur et un peu dégradé... Si nous avions attendu un hôte aussi grand... Je vous en prie, monseigneur, prenez mon bras. ( Stralenheim entre avec Idenstein et des domestiques ; les uns sont de sa suite , et les autres appartiennent au domaine dont Idenstein est V intendant. )

STRALENHEIM

Je me reposerai ici un moment.

IDENSTEIN , aux domestiques.

Holà , un siège ! et vite , marauds ! ( Stralenheim s^ assied. )

WERNER , à part.

C'est lui !

STRALENHEIM

Je suis mieux maintenant. Qui sont ces étrangers ?

IDENSTEIN

S'il vous plaît, mon bon seigneur, il en est un qui dit ne vous être pas étranger.

WERNER , haut et avec empressement.

Qui a dit cela? ( On le regarde avec surprise. )

IDENSTEIN

Eh! personne ne parle de vous, et personne ne vous parle... Mais... ( montrant Gabor) voici quelqu'un que son excellence sera peut-être charmée de reconnaître.

GABOR

Je ne cherche pas à importimer sa noble mémoire.

STBALENHEIM.

Je crois que c est un des étrangers dont le secours ma sauvé. (^Montrant JP^erner. )West-ce pas là l'autre?... L'état où j'étais quand on m'a secouru doit être mon excuse , si je ne reconnais pas d'abord ceux à qui je dois tant.

IDENSTEIN

Lui!... Non, monseigneur; il a plus besoin de secours qu'il n'en pourrait donner. C'est un voyageur harassé, un pauvre malade, qui se lève à peine d'un lit d'où il croyait ne plus se lever.

STRALENIIEIM.

Il me semble qu'ils étaient deux.

GABOR

Oui, monseigneur; mais dans le service qu'on vous a rendu, un seul, je dois le dire, s'est réellement exposé... et celui-là est absent. C'est à lui que vous êtes surtout redevable. Sa fortune a voulu qu'il fût le premier. Mon courage n'était pas moindre; mais sa jeunesse et sa force m'ont devancé. Ne me prodiguez donc pas vos remerciemens : je n'ai fait que seconder volontiers un compagnon plus heureux que moi.

STRALENHEIM

OÙ est-il ?

UN DOMESTIQUE

Monseigneur, il s'est arrêté dans la chaumière où votre excellence s'est reposée une heure , et il a dit qu'il serait ici demain.

STRALENHEIM

Je ne puis donc encore offrir que des remerciemens; mais plus tard....

GABOR

Je n'en demande pas davantage, et j'en mérite à peine tant. Mon camarade parlera pour lui-même. STRALENHEIM, fixant ses regards sur JVcrner , dit h part: Ce ne peut être... et cependant il est nécessaire de le surveiller. Voici vingt nns que je ne lai vu; et, quoique mes

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aj^eti?» 1 aient Miivi pas a pas , j ai dTi, par politique, ii('pa> inc rencDiitior axcv lui, (!<' peur d éveiller ses soupecjus suj mes plans, l^ouiquoi ai -je laisse à Hanil)()ui<^ ceux qui auraient t'elaiici mes doutes' Je m étals cru jusfpià re moment le maître de Sie^i-ndorf, et je suis parti à la liàte- mais les elemens paraissent lutter contre moi. dette soudaine inondation peut me retenir prisonnier ici jusqu'à ce... [1/ s'arrrtc et. rci^ardc If' erncr ntlentn't'nicnt ; puis il reprend :) Cet lioiiime doit être surveille. Si cCst lui , il <'St si changé, (jU(^ son père , sorti du tond)eau , passerait près de lui sans le re- <oiniaître... il taut être prudent... Lne erreur gâterait toul.

lOEXSTEIN.

V()tr(> seigneiu'ie semble pensive; ne desire/.-vous pas sortu- de cet appartement i*

Srr.ALKMIEIM.

(1 est l\'xeessive latigue qui me donne cet air de rêverie. .1 irai jiremlre du repos.

IDENSIEIN.

J.a chambre du prince est prête, avec tous les meubles qui servirent au prince lui-même au temps de sa splendeur... ( à part) un peu déchirés et humides en diable, mais assez beaux à la lumière^ (Vest assez pour votre très noble sang qu illustrent vingt quartiers sur un écusson. Que s )n excellence dorme donc cette nuit sous \ui dais à peu piès semblable à celui sous lequel elle dormira quelque jour à jamais. STHAEEMIEIM SC ll'i'C ct sc /oiir/ic i'crs (jûbor.

Bonne nuit , braves gens!... IMonsieur, j espère (jue demain vous me trouver»'/, en et.it de reconnaître votre sei vi(c. Kn alt<'ndant , je vous prie de m acct)mpagiui |)()iii (juel(|ii<'s m<.)mens dans ma «liambre.

G A non.

.fe vous suis.

srn \rEMiKi M . 'i/irrs rn'oi/- /ml (nichnic.s jxis , s'tnTiic ri apjicllr II rriK r.

Ami:

392 WERNER

WERNER

Monsieur ?

IDENSTEIN

Monsieur... Bon dieu! bon dieu! pourquoi ne pas dire sa seigneurie ou son excellence ? Je vous prie, monseigneur, excusez le manque d'éducation de ce pauvre homme ; il n'a pas habitude de se trouver avec de si grands personnages.

STRALENHEiM , à Idenstcin.

Paix , intendant !

IDENSTEIN

Je suis muet.

STRALENHEIM , à IFemcr.

Y a-t-il long-temps que vous êtes ici ^

WERNER

Long-temps }

Je demandais une réponse , et non pas un écho.

WERNER

Vous pouvez vous adresser aux murailles pour Tun et pour l'autre- je ne suis pas habitué à répondre à ceux que je ne connais pas.

STRALENHEIM

En vérité! Néanmoins vous pourriez répondre avec courtoisie à une question faite avec de bonnes intentions.

W^ERNER.

Quand je connaîtrai ces bonnes intentions, j'y répondrai; je veux dire, je répondrai... comme je le devrai.

STRALENHEIM

L'intendant me disait que vous aviez été retenu ici par ime maladie. . . Si je pouvais vous être utile. . . Suivant la même route. . .

WERNER se hâte de répondre.

Je ne suis pas la même route que vous.

STRALENHEIM

Comment le savez-vous avant de savoir quelle est la mienne ^

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