SCÈNE II
[n appartement de Werner dans le palais. ) JOSÉPHINE entre avec Ulric.
JOSÉPHINE
Arrête, et laisse-moi te regarder encore ! mon Ulric , mon bien-aimé!... Est-il bien possible... après douze ans?
ULRIC
Ma tendre mère !
JOSÉPHINE
Oui, mes rêves se réalisent!... Quelle beauté est la tienne!... Je n'en demandais pas tant! Ciel, reçois les remerciemens d'une mère... et les larmes de sa joie!... c'est bien ton ouvrage!... En de tels momens, c'est non seulement un fils, mais un sauveur, que tu nous envoies.
414 WERNER
ULBIC.
Si ma présence amène tant de bonheur, il double celui que je ressens, et soulage en partie mon cœur d'une longue dette : ce n'est pas celle de l'amour ( je n'ai jamais cessé de vous aimer );mais pardonnez-moi si j'ai si long-temps tardé à vous chercher... ce n'était pas ma faute.
Je le sais ; mais je ne puis songer maintenant à mes regrets ; je doute presque de ma douleur passée , tant le transport de ma joie en efface l'impression dans ma mémoire !... Mon fils !...
( Werner entre. )
WERNER
Encore des étrangers!
JOSÉPHINE
Non, regarde-le... Que vois-tu?
WERNER
Un jeune homme que je n'avais pas vu encore.
ULRic, s' agenouillant.
Depuis douze longues années , ô mon père !
WERNER
Ciel!
JOSÉPHINE
11 s'évanouit!
WERNER
Non... je suis mieux maintenant... '[5\nc\...[Il Tembrasse. )
ULRIC
Mon père, comte de Siegendorf!
WERNER , tressaillant.
Silence, mon fils!... les murs peuvent répéter ce nom.
tILRIC.
Eh bien !
Eh bien !... Mais nous en parlerons tout à l'heure. Souviens-toi que je ne dois être connu ici que sous le nom de Werner. Viens, viens encore dans mes bras... Ah! tues tel que j'aurais dû être... Joséphine, est-ce la tendresse d'un