ACTE DEUXIEME. H
père qui m'eblouit ?... Si j'avais vu ce jeune homnic au milieu de dix mille autres , mon cœur l'eût déclaré mon (ils.
ULRIC
Et cependant vous ne me reconnaissiez pas.
WERNER
Hélas! je n'ai que trop de motifs pour ne plus reconnaître que les médians du premier coup d'œil.
TLRIC.
Ma mémoire a mieux servi ma tendresse: je n'ai rien oublié; souvent sous les orgueilleux lambris du château de... ( je ne le nommerai pas , puisque vous me dites qu'il y a du danger ); mais au milieu de la pompe féodale de votre père, je tournai mes regards vers les montagnes de la Bohême, et je pleurai en voyant im autre soleil s'éclipser pour vous et pour moi, séparés comme nous l'étions par ces hautes barrières : elles ne nous sépareront plus.
WERNER
Je l'ignore... Savez-vous que mon père n'est plus?
ULRIC
O ciel! Je le laissai avec une verte vieillesse, semblable au chêne miné par les élémens , mais ferme encore au milieu des jeunes arbres qui tombent autour de lui... Il n'y a que trois mois...
Et pourquoi l'abandonna tes-vous ?
JOSEPHINE , embî'assant Ulric.
Peux-tu faire cette question?... N'est-il pas ici?
WERNER
Oui... il a cherché son père et sa mère, et il les a trouvés ; mais , hélas ! comment et dans quel état !
ULRIC
Tout va s'améliorer. Ce que nous avons à faire c'est d'aller soutenir nos droits ou plutôt les vôtres; car je vous cède tout, à moins que votre père n'ait disposé de ses biens de manière à me forcer de me mettre en avant pour la forme. Mais j'espère que tout vous appartient.
416 WERNER
WERNER
N'avez-vous pas entendu parler de Stralenheim .•*
ULRIC
Je lui ai sauvé la vie hier soir. 11 est ici.
WERNER
Vous avez sauvé le serpent qui nouspeicera le sein à tous.
ULRIC
Vous parlez par énigmes. Qu'est pour nous Stralenheim ?
WERNER
Tout ! l'homme qui prétend aux domaines de mon père , notre parent éloigné, notre plus mortel ennemi.
tJLRIC.
J'entends son nom pour la première fois. Le comte , il €st vrai, parlait quelquefois d'un cousin qui, au défaut d'une postérité directe, aurait des droits à sa succession 5 mais il ne nomma jamais ses titres devant moi... Et d'ailleurs... son droit s'efface devant les nôtres! »
WERNER
Oui , à Prague ; mais ici il est tout-puissant : il a tendu des pièges à ton père, et, si je les ai évités, ce n'est point grâce à sa pitié , mais grâce au hasard.
tJLRIC.
Vous connaît-il personnellement ?
WERNER
Non ; mais il a des soupçons qu'il a laissé voir hier soir ; et je ne dois ma liberté qu'à son incertitude.
ULRIC
Je crois que vous lui faites tort ( pardonnez-moi cette expression ); mais Stralenheim n'est pas tel que vous le supposez, ou, dans le cas contraire, il m'a plus d'une obligation : je lui ai sauvé la vie ; à ce titre j'ai sa confiance. Il a été volé depuis qu'il est dans ce palais. Il est étranger, affaibli par l'événement d'hier; et, ne se sentant pas la force de poursuivre le scélérat qui l'a volé, il m'a fait promettre de m'en charger : c'était là ce qui m'amenait ici : mais en cher-