ACTE DEUXIEME
c'est ce que vous devez à l'inconnu qui ne demande pas davantage, et qui n avait jamais songé à rien demander.
STRALENHEIM
Ce ton ressemble à celui de rinnocence.
GABOR
Parla mort!... mi en douterait, si ce n'est ceux qui ne l'ont jamais connue ?
STRALENIIEIM.
Vous vous échauffez, seigneur.
GABOR
Croyez-yous que les paroles de vos valets me convertiront en flacon ?
Ulric ! vous connaissez cet homme ? je l'ai trouvé dans votre compagnie.
GABOR
Et nous vous avons trouvé dans l'Oder : que ne vous y avons-nous laissé !
STRALENHEIM
Je vous remercie.
GABOR
Je mérite vos remerciemens ; mais j'en aurais obtenu davantage de bien des gens, peut-être, si je vous avais laissé à votre destin.
STRALENHEIM
Ulric ! vous connaissez cet homme .^^
GABOR
Pas plus que vous, s'il ne rend justice à mon honneur.
ULRIC
Je puis garantir votre courage... et votre honneur, autant que peut me le permettre notre courte liaison.
STRALENHEIM
Je suis satisfait.
GABOR , ai>ec ironie.
Facilement, il me semble. En quoi son témoignage vantil mieux que le mien ?
424 WERNER
STRALENHEIM
J'ai dit que j'étais satisfait... rien de plus... et non que vous soyez absous.
GABOR
Encore ! suis-je accusé ou non ?
STRALENHEIM
Vous devenez trop insolent... Si les circonstances et tous les soupçons parlent contre vous , est-ce ma faute ? Ne suffit-il pas que je ne mette en question ni votre culpabilité ni votre innocence ?
GABOR
Seigneur, seigneur, c'est un abus de mots, une vile équivoque : vous savez bien que vos doutes sont des certitudes pour tous ceux qui vous entourent... votre regard , une loi; le froncement de vos sourcils, une sentence; vous vous prévalez de votre pouvoir... mais prenez garde, vous ne connaissez pas celui que vous prétendez fouler aux pieds.
STRALENHEIM
Tu menaces !
GABOR
Moins que vous n'accusez... Vous m'imputez une lâche action , et je réponds par un avis plein de franchise.
STRALENHEIM
Comme vous l'avez dit , il est vrai que je vous dois quelque chose , et vous semblez disposé à vous payer vous-même.
GABOR
Ce n'est pas avec votre or.
STRALENHEIM
Non ; avec une vaine insolence. [A ses gens et à Iclenstein.) Cessez de poursuivre cet homme; laissez-le continuer son chemin. Ulric , adieu !
( Stralenheim sort avec Idenstein et ses gens. ) GABOR , le suivant.
Je le suis, et...
tjlrk; , V arrêtant.
Ne faites pas un pas.