‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 233 sur 277 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

GABOR

Qui m'en empêchera ?

ULRIC

Votre propre raison , après la réflexion d'un moment.

GABOR

Supporterai-je un tel affront?...

ULRIC

Bah ! nous devons tous supporter l'arrogance de quelqu'un plus haut que nous... Les plus hauts ne peuvent résister à Satan , et les plus bas à ses ministres sur la terre. Je vous ai vu braver les élémens , et ce qui faisait trembler ce ver-à-soie... Quelques paroles de travers, quelques sourires de mépris, suffiront-ils pour vous accabler?

GABOR

Souffrirai-je qu'on m'appelle voleur?... Un bandit de la forêt... je le pardonnerais... il y a du courage à l'être... mais dérober l'argent d'un homme endormi!,..

ULRIC

Il paraît donc que vous n'êtes pas coupable.

GABOR

Ai-je bien entendu .^.. Vous aussi !

Je ne faisais simplement qu'une question.

GABOR

Si le juge me la faisait , je répondrais : Non !... Pour vous , voici ma réponse. ( // tire son épée. )

ULRIC , tirant la sienne.

De tout mon cœur.

JOSÉPHINE

Au secours !... au secours !... O ciel!... au meurtre! ( Joséphine sort en criant. Gahor et Ulric se battent. Gabor est desarmé au moment oii Joséphine rentre ai'ec Stralenheim , Idenstein , etc.)

JOSÉPHINE

O grand Dieu ! il est hors de danger !

4 2G WERNER

STRALENHEiM , rt Joséphine.

Qui?

JOSÉPHINE

Mon...

ULRic, r interrompant avec un regard severe, et se tournant 'vers Stralenheim.

Tous deux... il n'y a pas grand mal.

STRALENHEIM

Quelle est la cause de tout ceci ?

ULRIC

C'est vous, je crois, baron. Mais, puisque aucun mal n'en est résulté, ne vous en inquiétez pas... Gabor, voici votre épée; quand vous la tirerez encore du fourreau, que ce ne soit pas contre dos amis. ( Ub'ic prononce ces derniers mots à Doix basse et avec emphase , en s^ adressant à Gabor.")

GAROR.

Je vous remercie moins de la vie que de votre conseil.

STRALENHEI3I.

Ces querelles doivent finir ici.

GABOR , prenant so/i épée.

Elles finiront. Vous m'avez outragé , Ulric , moins en me désarmant que par votre injuste méfiance. J'aimerais mieux voir votre épée dans mon cœur que le soupçon dans le vôtre. J'aurais pu supporter les absurdes insinuations de ce grand personnage... L'ignorance et la sottise soupçonneuse font partie de ses titres, et lui resteront plus long-temps que tous ses domaines. Mais il trouverait à qui parler... et vous m'avez vaincu. J'ai été un fou , dans ma colère , de me mesurer avec vous , après vous avoir vu braver des périls plus grands que ceux du glaive. Nous nous retrouverons quelque jour,... mais bons amis. [Gabor sort.)

STRALENHEIM

Je perds patience. Ce nouvel outrage , après ses premières injures, serait-il innocent, efface tout ce que je lui devais, malgré ce qu'il a fait pour moi... Service trop vanté, puisque

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