ACTE TROISIEME
avez un toit , et je n'en ai pas ; je ne cherche qu'une retraite.
WERNER
A la bonne heure ; comment un malheureux comme moi aurait-il de ror."*
GABOR
Ce serait difficile en restant honnête , à dire vrai , quoique je désire presque que vous eussiez celui du baron.
WERNER
Osez-vous insinuer....''
GABOR
Quoi ?
WERNER
Savez-vous à qui vous parlez ?
GABOR
Non , et je ne suis pas habitué à y prendre garde. ( On enend du bruit. ) Mais écoutez ! On vient.
WERNER
Qui vient ?
GABOR
L'intendant et ses limiers sont à mes trousses... Je les attendrais de pied ferme... si je pouvais espérer quelaue justice de semblables ^ens. Où irai-je ? montrez-moi seulement un asile... Je vous assure, au nom de tout ce qu'il y a de saint parmi les hommes, que je suis innocent: mettez- vous un moment à ma place.
WERNER, apart.
O juste ciel! ton enfer n'est pas de l'autre monde! Suis-je encore en vie ?
GABOR
Je vois que vous êtes ému , et cela vous fait honneur ; je pourrai reconnaître ce service.
WERNER
N'êtes- vous pas un espion de Stralenheim ?
GABOR
Non, certes! et si je l'étais, qu'y a-t-il à espionner en
/.:{(; WERNER
vous? quoique je nie rappelle ses questions réitérées sur vous et votre épouse, ce qui pourrait bien faire naître quelques soupçons ;. .. mais vous savez à quoi vous en tenir... Pour moi, je suis son plus cruel ennemi.
WERNER
Vous i*
C'est sa manière de reconnaître le service que j'ai contribué à lui rendre... qui excite toute ma haine ; si vous n êtes pas son ami , vous me secourrez.
WERNER
J'y consens.
GABOR
Mais comment?
WERNER , niontrant le panneau.
11 y a là un ressort secret; souvenez-vous que je lai découvert par hasard, et que je ne m'en suis servi que pour ma sxïreté.
GABOR
Ouvrez-le , et je me 1:1 servirai poiu' le même but.
WERNER
Je l'ai trouvé par hasard, vous ai -je dit. 11 est pratiqué dans des murs tournans assez épais pour contenir de secrets passages , sans rien perdre de leur solidité. Ces passages conduisent , à travers des cellules et des niches obscures , je ne sais pas jusqu'à quel lieu ; vous n'avancerez pas , promettez le-irîoi.
GAIJOll.
C'est inutile : comment ne me perdrais-je pas dans l'obscurité, à travers les détoius inconnus d'un labyrinthe?
WERNER
Oui; mais qui sait où ce labyrinthe peut aboutir? Je n'en sais rien , vous dis-je ; mais qui sait ? ne pourrait-il pas vous conduire jusqu'à la chambre de votre ennemi? (]es galeries étaient construites d'une façon si étrange par les Teutons , nos ancêtres , dans le temps où l'homme se fortifiait moins