ACTE TROISIEME. iil
trahissions notre intelligence en fuyant ensemble. L'inondation n'intercepte que la communication directe de ce bourg avec Francfort. Heureusement pour vous , la route de Bohême , quoique peu sûre , n'est pas impraticable ; si vous gagnez quelques heures, les difficultés seront les mêmes pour ceux qui vous poursuivront: vme fois au-delà des frontières , vous êtes sauve.
WERNER
Mon noble fils !
UI.RIC
Silence! point de transports; nous nous y livrerons au château de Siegendorf. Cachez votre or. Je connais cet Idenstein; j'ai lu à travers son âme vile. Montrez-lui la bague : elle remplira un double but. Stralenheim a perdu de l'or et non un bijou : celui-ci ne peut donc être à lui. D'ailleurs l'homme en possession d'un tel diamant peut-il être soupçonné du larcin, quand il lui aurait été plus facile de le convertir en une somme bien plus considérable que celle qu a perdue hier Stralenheim.'' Ne soyez ni timide, ni trop fier dans vos propositions , et Idenstein vous servira.
Je suivrai en tout vos instructions.
ULRIC
Je vous aurais épargné cette peine; mais, si j'avais paiii prendre intérêt à vous, surtout en donnant un joyau si précieux, tout eût été découvert.
WERNER
Mon bon ange! tout le passé est plus que conq)ensé: mais comment feras-tu en mon absence?
l'LRIC.
Stralenheim ne sait même point que je vous connais, J(' resterai un jour ou deux avec lui pour endormir tous ses soupçons , et puis j'irai rejoindre mon père.
WERNER
Pouj' ne plus nous séparer.
U-2 WERNER
ULRIC
C'est ce que je ne sais pas ; mais du moins nous nous^ reverrons.
WEKjVER.
Mon fils , mon ami , mon tendre fils , mon sauveur ! o ne me hais point !
ULRIC
Haïr mon père !
WERNER
Hélas, mon père m'a haï! pourquoi mon fils ne me haïralt-il pas ?
Votre père ne vous connaissait pas comme je vous cour nais.
WERNER
Tes paroles me déchirent le cœur ! Tu me connais ? Tel que tu me vois , tu ne peux me connaître ; je ne suis pas moi : je le serai bientôt. Ne te hâte pas de me haïr.
ULRIC
J'attendrai. Cependant soyez assuré que tout ce qu'un fils peut faire poiu- ses parens je le ferai pour les miens.
WERNER
Je le vois et je le sens... Hélas! je sais aussi... que tu me méprises.
ULRIC
Et pourquoi?
WERNER
Dois-je répéter mon humiliation ?
ULRIC
Non ! je l'ai appréciée, et vous aussi. Mais nen parlons plus , ou du moins pour le moment. Votre erreur a double tous les périls de notre maison en guerre secrète avec celle de Stralenheim ; il ne faut plus penser qu à le tromper dans sa viMigeaneo. Je vous ai indiqué un moyen.
WERNER
Le sctd , cl je lembrasse avec la même joie que m a eau-