SCÈNE IV
( Lji jardin.^ 'WERNER entre.
Je n'ai pu dormir... Et maintenant l'heure approche; tout est prêt. Idenstein m'a tenu parole; la voiture nous attend liors du bourg, sous les premiers arbres de la forêt. Les étoiles commencent à pâlir dans le ciel, et c'est pour la dernière fois que je regarde ces horribles murailles. Oh ! jamais, jamais je ne les oublierai. Je suis venu ici pauvre, mais non déshonoré; et je pars avec une tache... qui ne souillera pas mon nom, mais que rien n'effacera de mon cœur. Un ver
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dévorant y habite, et toute la splendeur qui m'attend à Siegendorf ne saurait l'assoupir un moment. Songeons à quelque moyen de restitution qui soulage mon âme en partie ; mais comment le faire. .. sans me découvrir ?... Il le faut néanmoins; et la première heure de ma sûreté sera consacrée à y penser. Le délire de ma misère m'a seul entraîné à cette infamie ; le repentir peut seul l'expier : je ne veux rien avoir de Stralenheim, quoiqu'il ait voulu me dépouiller de tout, de mes terres, de ma liberté, de ma vie... et cependant il dort, paisible peut-être comme l'enfance, entouré de riches rideaux , semblables au riche dais sous lequel moi-même jadis... Mais silence !... Quel est ce bruit?... encore ! Les branches des arbres s'ébranlent , et quelques pierres sont tombées de cette terrasse. {U!ric saute en has de la tentasse.)
Ulric! ah! toujours le bienvenu ! bien plus encore en un tel moment: ta tendresse filiale...
ULRIC
Arrêtez! avant de m'approcher, dites-moi...
WERNER
Pourquoi ce legard?
ULRIC
Est-ce mon père que je vois? ou...
Qui?
ULRIC
Un assassin?
WERNER
Insensé, ou fils insolent!
ULRIC
Répondez, si vous tenez à votre vie ou à la mienne !
WERNER
A quoi dois-je répondre ?
ULRIC
Êtes-vous l'assassin de Stralenheim ?
WERNER
Jene fus jamais le meurtrier de personne ! Que veux-tu dire?