‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 249 sur 277 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ULUIC.

N'avez-vous pas cette nuit , comme la nuit précédente , pénétré de nouveau dans le passage secret? N'avez-vous pas visité une seconde fois la chambre de Stralenheim? et...

( Ulric s ^interrompt.)

WERNER

Achève.

N'est-il pas mort de votre main ?

WERNER

Grand dieu !

ULRIC

Vous êtes donc innocent!... Mon père est innocent!... Embrassez-moi... Oui... votre son de voix... vos regards, oui... oui ! mais dites-le vous-même.

WERNER

Si j'ai jamais médité de sang-froid un tel crime j si, quand la pensée m'en est venue dans l'excès de mon désespoir je ne l'ai pas repoussée avec horreur au fond de l'enfer... puisse le ciel être à jamais refusé à mes espérances!

ULRIC

Mais Stralenheim est assassiné.

WERNER

C'est horrible, c'est affreux ! Mais qu'ai-je à y faire .?

ULRIC

Aucune serrure n'est forcée... on ne peut découvrir aucune trace de violence, si ce n'est sur son corps. Une partie de ses gens ont été alarmés; mais, comme l'intendant est absent, j'ai pris sur moi le soin d'aller rassembler la police. On a pénétré secrètement dans sa chambre ; il n'y a pas de doute. Pardonnez-moi si la nature...

WERNER

O mon fils!... Quels maux inconnus, produits par une sombre fatalité , s'accumulent comme des nuages sur notre maison !

Mon père, je vous crois innocent; mais le monde le croira-t-il comme moi ? et les juges eux-mêmes... Fuyez donc à l'instant.

WERNER

Non! j'attendrai de pied ferme... Qui osera me soupçonner ?

ULRIC

Mais n'aviez-vous point d'hôtes auprès de vous?... Etiezvous seul ici... avec ma mère ?

WERNER

Ah ! le Hongrois !

TJLRIC.

Il est parti... il a disparu avant le coucher du soleil.

WERNER

Non : je l'ai caché dans cette même fatale galerie.

ULRIC

Je vais l'y trouver.

{Ijlric 'va pour sortir; IVerner Varrète.)

WERNER

C'est trop tard. Il a quitté le palais avant moi ! J'ai trouvé le panneau secret ouvert, ainsi que les portes qui conduisent à la salle où aboutit le passage. J'ai cru que ce Gabor avait profité du moment favorable pour échapper sans bruit aux mirmidons d'Idenstein, qui le poursuivaient hier soir.

Vous avez refermé le panneau ?

WERNER

Oui, non sans trembler, et maudissant la négligence du fugitif, qui risquait de faire découvrir l'asile de son sauveur.

ULRIC

Vous êtes sûr de l'avoir fermé ?

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