‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 257 sur 277 · ACTE QUATRIEME. ^iG · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME. ^iG

IDA

Hélas ! qu'est-ce qu'un niercenalie auprès d'un lit. de mort , quand le mourant roule en vain ses yeux autour de lui pour chercher ce qu'il aime?... On dit qu'il mourut d une fièvre !

CLRIC.

On dit? Cela est.

IDA

Je rêve quelquefois autre chose.

ULRIC

Tous les rêves sont faux.

IDA

Et cependant je le vois comme je vous vois.

TJLRIC.

Où?

IDA

Dans mon sommeil. . . Je le vois pâle , sanglant , auprès de lui un homme ainié d'un couteau.

ULRIC

Mais ne voyez-vous pas son visage ?

IDA , le regardant.

Non... O mon dieu! le verriez-vous ?

ULRIC

Pourquoi cette question ?

IDA

Parce que vous semblez voir un assassin ! ULRIC, agité.

Ida ! c'est une illusion d'enfant,- je partage votre faiblesse et j'en rougis; mais, comme tous vos sentimens me sont communs , vous me causez une vive émotion. Je vous en prie, ma tendre enfant, changeons d'entretien,..

Enfant ! en vérité , j'ai passé mon quinzième printemps.

( Un cor résonne.)

RODOLPHE

Seigneur , écoutez le cor !

4< Zo

466 WERNER

IDA, avec humeur à Rodolphe.

Qu'avez-vous besoin de le lui dire ? ne l'entendrait- il pas sans vous ?

RODOLPHE

Daignez me pardonner.

IDA

Je ne vous pardonnerai pas, à moins que vous ne m'aidiez à dissuader le comte Ulric d'aller aujourd'hui à la chasse.

RODOLPHE

Vous n'avez, madame, nul besoin de mon aide pour cela.

ULRIC

Je ne puis me dispenser d'y aller ce matin.

IDA

Oui ; mais vous n'irez pas.

ULRIC

Je n'irai pas !

Non, ou vous n'êtes pas un vrai chevalier... Allons, cher Ulric, cédez-moi un seul jour. Le temps est incertain , et vous êtes devenu pâle et faible !...

ULRIC

Vous plaisantez.

IDA

Je ne plaisante pas ; demandez à Rodolphe,

RODOLPHE

En effet, seigneur, depuis un quart d'heure, vous êtes plus changé que je ne vous ai vu changer en plusieurs années.

ULRIC

Ce n'est rien ; mais d'ailleurs l'air me remettrait. Je suis un vrai caméléon, qui ne vis que de l'atmosphère. Vos fêtes dans les salons , vos banquets joyeux, ne nourrissent pas mon âme... Je suis un enfant des forêts , et je ne respire que sur les monts escarpés, où j'aime tout ce qu'aime l'aigle.

IDA

Excepté sa proie , j espère.

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