ACTE QUATRIÈME. i
niisscmens, et non de la musique. Mais venez vite : votre mère sera heureuse de vous voir. {Jda sort.)
SIEGENDORF
Ulric, je désire vous parler, à vous seul.
ULUIC.
Vous pouvez disposer de mon temps... {J Rodolphe, à part.) Rodolphe, pars; exécute mes ordres, et que j'aie une prompte réponse de Rosenberg.
RODOLPHE
Le comte Siegendorf a-t-il quelque chose à me commander? Je pars pour un voyage au-delà de la frontière. SIEGENDORF tressaUlc.
Ah!... Où?... Quelle frontière?
RODOLPHE
Je traverse la Silésie pour me rendre... [A part à Ulric.) Où dirai-je ?
iTLRic, à part, à Rodolphe.
A Hambourg. [A lui-même.) Ce mot- là coupera court à ses questions.
RODOLPHE
Comte, pour me rendre à Hambourg.
SIEGENDORF , agité.
Hambourg ! non , je n'ai rien à y faire ; il n'y a rien qui m'intéresse dans cette ville. Allez , que Dieu vous prête son secours !
RODOLPHE
Adieu , comte Siegendorf. [Rodolphe sort.)
SIEGENDORF
Ulric , cet homme qui vient de partir est un de ces étranges compagnons dont j'avais intention de vous parler.
tILRIC.
Seigneur, il est d'une naissance noble et d'une des premières maisons de Saxe.
SIEGENDORF
Je ne veux pas parler de sa naissance, mais de sa con-duite; on n'en dit pas de bien,
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ULRir.
Il en est de même de la plupart des hommes. Le monarque lui-même n'est pas à couvert des médisances du chambellan, ou de 1 ironie du dernier courtisan , dont les honneurs viennent de faire un ingrat.
SIEGENDORF
S'il faut parler clairement, il court des bruits fâcheux sur ce Rodolphe : on prétend qu'il est lié avec les bandes noires qui ravagent encore les frontières.
Et croyez-vous ce qu'on dit?
SIEGENDORF
Dans cette circonstance... pui.
ULRIC
Je pensais que l'expérience vous avait appris à ne prendre, dans aucun cas , une accusation pour une sentence.
SIEGENDOBF.
Mon fils!... je vous comprends : vous me rappelez... Mais ma destinée m'a tellement enveloppé de ses pièges, que je ne puis fuir : semblable à l'insecte que l'araignée surprend dans ses réseaux. Prenez garde, Uhic j vous avez vu où les passions m'ont conduit : vingt longues années de malheur et de misère ne purent les éteindre... Le délire et la honte d'un moment ne seront peut-être ni expiés ni effacés par vingt autres années dont tous les jours seront des siècles comptés par la douleur. Ulric... écoutez votre père... Je n'écoutai pas le mien , et vous me voyez !
ULRIC
Je vois l'heureux Siegendorf. . . maître chéri d'un apanage de prince, et honoré par ceux qu'il gouverne comme par ceux qui marchent ses égaux.
SIEGENDORF
Hélas! pourquoi m'appeler heureux, quand tu m'inspires tant de crainte? chéri, quand tu ne m'aimes pas ? Que m'importe l'affection de tous les coeurs, si celui de mon fils reste l'roid .'',.,