ACTE QUATRIEME. ilZ
néanmoins ; quoique , à vous parler avec franchise, de semblables unions ne me transportent pas en ce moment.
SIEGENDORF
Elle vous aime.
ULRIC
Je l'aime aussi : voilà pourquoi je voudrais y penser deux fois.
SIEGENDORF
Hélas ! Tamour n'agit jamais ainsi.
ULRIC
Il est temps qu'il commence , et qu'il arrache le bandeau de ses yeux, pour y voir avant de s'engager. Jusqu'ici il s'est hasardé dans les ténèbres.
SIEGENDORF
Mais vous consentez ?
Oui , seigneur.
SIEGENDORF
Fixez donc le jour.
ULRIC
Il est plus digne de notre courtoisie de le laisser fixer par sa dame.
SIEGENDORF
Je m'engagerai pour elle.
ULRIC
C'est ce que je ne ferai pour aucune femme; et, comme je ne voudrais rien voir changer à ce que je fixe , j'attendrai sa réponse pour donner la mienne.
SIEGENDORF
Mais il est de votre devoir de courtiser votre dame.
ULRIC
Comte , vous faites ce mariage : c'est à vous à faire l'amour ; mais , pour vous satisfaire , jo vais de ce pas offrir mes hommages à ma mère , auprès de qui vous savez qu'Ida s'est rendue... Que désirez-vous de plus? Vous m'avez défendu d'aller goûter de mâles plaisirs hors de l'enceinte du
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château; je vous obéis. Vous m'ordonnez de demeurer dans un salon poui- ramasser des gants , des éventails ou des aiguilles, écouter des chansons langoureuses, épier des sourires , sourire moi-même à de frivoles badinages , et contempler les yeux d'une belle, comme si c'étaient les étoiles que nos regards impatiens voient s'éclipser, au gré de nos désirs, devant l'aurore d'un jour de bataille... Un fils et un homme peuvent-ils faire davantage? {Ulric sort.)
SIEGENDORF , seill.
Trop!... trop de soumission et trop peu d'amour! Il me paie ce qu'il ne me doit pas : telle a été ma fatale destinée, que je n'ai pu jusqu'à ce jour remplir auprès de lui les devoirs d'un père ; mais il me doit son amour, car ma pensée jamais ne l'abandonna; jamais mes larmes ne cessèrent de couler sur ce fils chéri... Je l'ai retrouvé enfin , hélas ! obéissant, mais froid; soumis en ma présence, mais indifférent, mystérieux.. i distrait... réservé... s' éloignant fréquemment... pour aller... où personne ne sait... lié avec les plus dissipés de nos jeunes seigneurs, quoique, pour lui rendre justice, il ne s'abaisse jamais à partager leurs plaisirs grossiers; cependiant ils sont unis par un lien que je ne puis définir ; leurs yeux sont fixés sur lui... ils le consultent... ils l'entourent comme un chef; mais il n'a en moi aucune confiance. Ah! puis-je l'espérer après... La malédiction de mon père s'étendrait-elle jusque sur mon fils? ou le Hongrois est-il près d'ici pour répandre encore du sang ?, .. pu bien serait-ce toi , esprit de Stralenheim, qui planes sur ce château pour y frapper d'une sinisti'e influence ceux qui ne t'ont pas immolé , mais qui ouvrirent la porte au nieurtre dont tu fus victime.*' Ce ne fut pas notre crime; tu étais notre ennemi , et je t'épargnai cependant, quand ma propre destruction dormait à ton côté pour se réveiller avec toi... Je ne fis que prendre... Or maudit!... tu es conime un poison dans ma main; je n'ose ni me servir de toi ni m'en séparer ; il me semble que tu soumettrais toutes les mains comme les miennes. Cependant , infâme niétal , gour expier niou Cfipje et la rnort 4e