‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 265 sur 277 · ACTE CiNQtïEME. 48l · texte numérisé non relu

ACTE CiNQtïEME. 48l

pénible ; mais mon envie ne ressemble pas à ce vice universel qui en porte le nom , s'il est toutefois un vice qui soit plus général qu'un autre clans ce monde.

IDA

Oh ! ne parlez pas en mal d'un monde qui contient encore vous et mon Llric. Avez-vous jamais rien vu coniine lui? Comme il dominait les autres par sa taille! connue tous les yeux le suivaient ! Les fleurs pleuvaient à ses pieds plus abondantes de chaque fenêtre , et je croyais que linipression de ses pas, au lieu de les flétrir , pourrait les ren dre immortelles.

JOSÉPHINE

Vous le gâterez , petite flatteuse , s'il vous entend !

IDA

Mais il ne m'entendra jamais ; je n'ose pas lui en dire tant... je le crains.

JOSÉPHINE

Pourquoi ? Il vous aime !

IDA

ÎMais je ne trouve jamais d'expressions pour lui dire ce que je pense de luij d'ailleurs, quelquefois il me fait peur.

JOSÉPHINE

Comment cela .►*

IDA

Un sombre nuage obscurcit tout-à coup ses yeux bleus ; cependant il ne parle pas.

JOSÉPHINE

Ce n'est rien : tous les hommes dans ces temps de trouble ont beaucoup à penser.

IDA

Mais moi , je ne puis penser qu'à lui.

JOSÉPHINE

Cependant il y a d'autres hommes aussi beaux que lui aux yeux du monde... par exemple, le jeune Waldorf, qui aujourd'hui a cessé à peine un moment de vous regarder. 4. 5i

482 WERNER

IDA

Je ne l'ai pas vu , je n'ai vu qu'Uliic. Ne lavez-vous pas remarqué au moment où chacun a fléchi les genoux , et quand j'ai pleuré? Cependant il m'a semblé , malgré mes larmes abondantes , que je le voyais me sourire.

Je n'ai vu que le ciel , vers lequel mes yeux étaient levés avec ceux du peuple.

IDA

Je pensais aussi au ciel , quoique je regardasse Ulric.

JOSÉPHINE

Allons, retirons-nous; ils seront bientôt ici pour le banquet; nous déposerons ces plumes flottantes et ces robes à longues queues.

IDA

Et surtout ces pesan s joyaux. Ils fatiguent et blessent mon front et mon sein, qui battent péniblement sous leur éclat. Ma chère mère, je vous suis. [Elles sortent.) [Le comte Siegendorf entre en grand costume avec Ludwig.)

SIEGENDORF

N'est-il pas trouvé ?

LUDWIG

On fait partout d'exactes perquisitions, et si cet homme est à Prague, sûrement on le trouvera.

^ SIEGENDORF

Où est Ulric?

LUDVi^IG.

Il a dirigé son coursier vers l'autre chemin , avec quelques jeunes seigneurs, qu'il a bientôt quittés. Si je ne me trompe, il n'y a pas une minute que j'ai entendu son excellence galoper avec sa suite sur le pont-levis de l'ouest. ( Ulric entre avec des vêtemens splendides.)

SIEGENDORF , Cl Liuhvïg.

Qu'on ne cesse pas de chei-cher l'homme que j'ai décrit. [Ludwig sort.) Ah! Ulric, qu'il me tardait de te parler!

Page 1