ACTE CINQUIÈME. 48T
GAUOR.
Moi!
SIEGENDORF
Et comment la démentir ?
GABOR
Par la présence de l'assassin.
Nomme-le.
GABOR
Il peut avoir plus d'un nom • comme jadis totre seigneurie.
SIEGENDORF
Si c'est moi que tu veux dire , je brave toutes tes dénonciations.
GABOR
Vous le pouvez, et en sûreté : je connais l'assassin. {Gabor, montrant Lllric.') Le voilà! {Ulric se précipite sur Gabor, Siegendorf r arrête.)
SIEGENDORP.
Mensonge infernal ! Mais tu ne périras pas dans les murs où je commande. (// se tourne vers Ulric.) Ulric, repousse cette calomnie, comme moi. J'avoue que je la trouve si monstrueuse, que je la croyais impossible. Calme-toi : elle se réfutera d'elle-même. Mais ne le touche pas.
{Lllric s'efforce de se contenir.)
GABOR
Regardez-/^, comte, et puis écoutez-moi.
SIEGENDORF, à Gabor.
Je t'écoute. (Regar-dant Ulric.) Grand Dieu ! ton visage!.,.
XJLRIC.
Eh bien ?
SIEGENDORF
Est le même que cette nuit terrible où nous nous rencontrâmes dans ce jardin.
ULRIC se remet.
C« n'est rien.
488 WERNER
GABOR
Comte, vous êtes tenu de m' entendre. Je ne suis venu ici que parce que vous m'avez mandé. Quand je m'agenouillai au milieu du peuple, dans l'église , je pensais peu à trouver le pauvre Werner sur le siège des sénateurs et des princes. Mais vous avez voulu me voir, me voici.
SIEGENDORF
Continuez.
GABOR
Auparavant, permettez-moi de demander qui a profité de la mort de Stralenheim. Est-ce moi , aussi pauvre que jamais, et que le soupçon rend même plus pauvre? Le baron ne perdit, par ce dernier crime, ni bijoux, ni or; on ne fit que lui arracher la vie... et sa vie seule nuisait aux prétentions de ceux à qui il disputait des honneurs et des domaines dont la possession vous rend presque égaux à des princes.
SIEGENDORF
Ces insinuations aussi vagues que vaines ne m'attaquent pas moins que mon fils.
GABOR
Je ne puis l'empêcher; mais que les conséquences en retombent sur celui de nous qui se sent le coupable ! Je m'adresse à vous , comte Siegendorf , parce que je vous sais innocent, et vous crois juste.... Mais avant que j'achève, dites-moi, oserez-vous me protéger? oserez-\ous m'ordonner de poursuivre? [ Sic gendoif regarde d'abord le Hongrois , et puis Ulric, qui a détaché son sabre rcDiis dans le fourreau, et qui trace des lignes sur le plancher avec la pointe.) ULRic tourne ses regards vers son père, et dit :
Qu'il continue!
GABOR
Je suis sans armes, comte... dites à votre fils de déposer son sabre.
ULRic le lui offre ai'ec mépris.
Prends-le.