ACTE CINQUIEME. 4SI
non son amitié... Cotait son dessein de quitter secrètement la ville... Nous partîmes ensemble, et nous arrivâmes dans la pauvre bourgade où Werner était caché... Stralenheim fut secouru... Maintenant me voici à la catastrophe... oserezvous m'entendre.*^
SIEGENDORF
Je le dois... ou j en ai trop écouté,
GABOR
Je vis en vous un homme au-dessus de sa situation... et si je ne devinai pas dès lors le haut rang où je vous trouve aujourd'hui... ce fut parce que j'avais rarement vu des hommes tels que vous, dans les rangs les plus élevés de la grandeur... Vous étiez pauvre... presque en haillons... Je voulus partager avec vous ma bourse, quelque légère qu'elle fût... Vous refusâtes.
SIEGENDORF
Mon refus est-il une obligation, que vous me le rappelez ainsi ?
GABOR
Cependant vous me devez quelque chose, quoique ce ne soit pas pour cela... Et moi , je vous dus ma sûreté , ou du moins en apparence... quand les valets de Stralenheim me poursuivirent sous prétexte que je l'avais volé.
SIEGENDORF
Je vous cachai... moi, dont vous voulez percer le cœur,
vipère réchauffée dans mon sein ! *
GABOR
Je n'accuse personne... que pour ma défense. C'est vous, comte, qui vous êtes fait accusateur... et juge... Votre palais est ma cour; votre cœur, mon tribunal... Soyez juste, et je serai miséricordieux.
SIEGENDORF
Vous , miséricordieux ! vous , lâche calomniateur !
GABOR
Moi! Il dépendra du moins de moi de l'être. Vous me fîtes cacher... dans un secret passage connu de vous et de
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vous seul, dites-vous. Au milieu de la nuit, fatigué de veiller dans les ténèbres, et incertain de pouvoir reprendre ma route... j'aperçus une lumière qui scintillait dans le lointain à travers les fentes des vieux murs; je la suivis, et je parvins à une porte... issue secrète de la chambre du baron; peu à peu , et d'une main prudente , ayant pratiqué une faible ouverture, je regardai , et je vis un lit sanglant sur lequel était étendu Stralenheim...
SIEGENDORF
Endormi! et tu l'assassinas... misérable!
GABOR
Il était déjà mort , et saignant comme une victime. Mon propre sang se glaça.
SIEGENDORF
Mais il était seul : vous ne vîtes personne? Vous ne vîtes pas le... (// s'interrompt tout ému.)
GABOR
Non ; celui que vous n'osez nommer... et que j'ose à peine moi-même reconnaître... n'était pas dans la chambre.
SIEGENDORF, à Ulric.
Ah ! mon fils! tu es innocent encore... tu m'interpellas jadis pour me faire déclarer que je l'étais... C'est à ton tour de le déclarer comme ton père.
GABOR
Ecoutez-moi avec patience!... Je ne puis plus me taire, quand les murs devraient s'écrouler au son de ma voix... Vous vous souvenez... ou du moins votre fils se souvient... que les serrures furent changées sous son inspection... le matin de ce même jour. Comment était-il entré?... c'est à lui de le dire... mais dans une antichambre dont la porte était entrouverte... je vis un homme qui lavait ses mains sanglantes... et dont le regard se tournait souvent avec une sombre inquiétude vers la victime... dont le cadavre avait cessé de donner sigfne de vie.
0 Dieu de mes pères!