‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 272 sur 277 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

SIEGENDORF

Le premier vous fut utile.

GABOR

Je n en sais trop rien, même aujourd'hui... mais j'essaierai du second... J'ai encore im autre bouclier; je ne suis pas entré seul à Prague... et si je partageais le repos de Stralenheim... il est des gens dont la langue parlerait pour moi... Que votre décision soit prompte.

SIEGENDORF

Elle le sera... Ma parole est irrévocable et sacrée dans ces murs ; mais mon pouvoir ne va pas au-delà.

GABOR

Je n'en demande pas davantage.

SIEGENDORF montre le sabre quUlric a laissé par tertre.

Prenez aussi ce fer; je vous ai vu le regarder avec inquiétude , et Ulric avec le même sentiment. GABOR relève le sabre.

Je le prends, et je me préparerai à vendre ma vie... chèrement. ( Gabor entre dans la tour, que Siegemlorf ferme.) SIEGENDORF s'avance vers Ulric.

Maintenant, comte Ulric ! car je n'ose plus l'appeler mon fils... qu'avez-vous à dire?

tFLRIC.

Cet homme a dit la vérité.

SIEGENDORF

La vérité , monstre !

ULRIC

La vérité, mon père; et vous avez bien fait de l'écouter. Nous pouvons nous prévaloir de ce que nous savons ; cet homme doit être forcé au silence,

SIEGENDORF

Oui , avec la moitié de mes domaines ; et je donnerais lautre moitié, si lui et toi vous pouviez rétracter cette infamie.

ULRIC

Ce n'est pas le temps de plaisanter ou de dissimuler. J'ai dit que son récit était vrai, et qu'il fallait le réduire au silence.

496 WERNER

SIEGENDORF

Comment?

ULRIC

Comme Stralenheim. Avez-vous done tant tardé à y penser ? Quand nous nous vîmes dans le jardin , qui avait pu m'apprendre sa mort ? Si la maison du prinee avait été appelée, aurait-on confié à un étranger comme moi le soin d'avertir la police ? et me serais-je amusé en route ? Et vous, JVenier, l'objet de la haine et des craintes du baron , auriezvous pu fuir... si ce n'est plusieurs heures avant que le soupcon fût éveillé... Je vous cherchai et je vous sondai... incertain si vous étiez dissinudé oii faible. Je reconnus que vous étiez faible , et cependant je vous ai trouvé tant de confiance que je doutais parfois de votre faiblesse.

SIEGENDOliF.

Parricide non moins qu'assassin! quel acte de ma vie, quelle pensée échappée de ma bouche, ont pu me faire supposer propre à être ton complice ?

ULRIC

Mon père, n'évoquez pas entre nous la discorde que vous ne pourriez apaiser ! C'est le temps de l'union et de la force, non des querelles entre le pèi'e et le fils. Pendant que vous étiez tourmenté, pouvais-je être calme .i^ Croyez-vous que j ai entendu le récit de cet homme sans quelque émotion? Vous m'avez appris à sentir pour vous et pour moi j quel autre intérêt avez-vous jamais inspiré à mon cœur?

SIEGENDORF

O malédiction de mon père, tu agis maintenant!

ULRIC

Qu'elle agisse ! le tombeau la contiendra. Les cendres des morts sont de faibles ennemis : il est plus aisé de vaincre de tels adversaires que de contre-miner une taupe qui trace sous vos pas les détours de son souterrain. Ecoutez-moi : si ^oiis me condamnez, rappelez-vous qui me conjura jadis de l'écouter!... qui iwe proclama qu'il y avait des crimes que l'occasion atténuait; que les passions étaient dans notre na-

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