ACTE TROISIEME
vains discours: je frémis crinipatiouco. La grande cloche de Saint-Marc nie trouveia éveillé au retour de 1 aurore.
ISRAEL BERTUCCIO
Rendez-vous tous à vos postes ; soyez fermes et vigilans ; pensez à l'oppression qui pèse sur nous et aux droits que nous défendons. Ce jour et cette nuit auront vu nos derniers périls. Ecoutez le signal et mettez-vous aussitôt en marche, levais joindre ma bande, que chacun soit prêt à me bien seconder de son coté. Le Doge va l'etourner au palais ducal afin d'y préparer tout pour l'événement; nous nous séparons pour nous réunir avec la liberté et la gloire.
CALENDARO
Doge , la première fois que je vous saluerai , mon hommage sera la tête de Sténo au bout de mon épée.
LE DOGE
Non ; qu'il soit réservé pour le dernier ; ne vous détournez pour le frapper que lorsqu'une plus noble proie aura été immolée : son offense ne fut que le résultat de la corruption générale , qu il faut attribuer à une coupable aristocratie. Dans des jours plus honorables il n'eût point osé la commettre ! J'ai noyé tout ressentiment particulier dans la pensée de notre grande entreprise. Un esclave m'insulte... je demande son châtiment à son makre orgueilleux ; s'il me refuse, l'insulte lui appartient, c'est à lui d'en répondre.
CALENDARO
Cependant, puisqu'il est la cause immédiate de lalliance ([ui assure et ennoblit notre grand dessein , je lui dois tant de reconnaissance que je voudrais le récompenser comme il mérite... ne le puis-je?
LE DOGE
Vous ne voudriez retrancher qu'un membre d un corps dont je veux faire tomber la tète ; vous voudriez châtier lécolier , et moi le maître ; vous ne voudriez punir que Sténo , et moi le Sénat. Je ne puis songer à haïr un seul individu quand i,e suis absorbé par l'idée d'une immense vengeance qui doit tout ravag<n sans distinction , comme la pluie du
ciel tomba jadis sur deux cités dont la Mer-Morte a éteint
les cendres.
ISRAEL KERTUCCIO.
Partez donc, rendez-vous à vos postes, je reste un moment pour accompagner le Doge jusqu'au lieu de notre rendez-vous, et voir si aucun espion n'a observé nos pas; de là je cours me mettre à la tête de ma compagnie armée.
CALENDARO
Adieu donc jusqu'à l'aurore.
ISRAEL BERTUCCIO
Que le succès vous suive !
LES CONJURÉS
Nous serons heureux... Allons!... Monseigneur, adieu. ( Les conjurés saluent le Doge et Israël Bertuccio ; ensuite ils se retirent conduits par Philippe Calendaro. )
ISRAEL BERTUCCIO
Ils sont dans nos filets. ..Notre entreprise ne peut échouer!... Maintenant te voilà vraiment souverain , et ton nom , déjà immortel , sera le plus grand des noms. Avant nous, des citoyens hbres ont frappé des rois ; des Césars ont péri , et même des mains patriciennes ont immolé des dictateurs comme le poignard plébéien aatteintles patriciens. Mais jusqu'à présent , quel prince a jamais conspiré pour la liberté de son peuple , ou risqué sa vie pour délivrer ses sujets ? Toujours et toujours les princes conspirent contre le peuple , afin de charger ses bras de chaînes dont on ne les affranchit que pour les armer contre des nations voisines ; de sorte que de joug en joug l'esclavage et la mort aiguisent la soif de la tyrannie insatiable. Maintenant , seigneur , achevons notre entreprise. Elle est grande ; plus grande encore est la récompense qui nous attend.,.. Pourquoi demeurezvous pensif?... II n'y a qu'un moment, vous étiez tout impatience.
LE DOGE
C'est donc décidé ? Doivent-ils tous périr ?
Qui ?