‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 62 sur 277 · I.E DOGE · texte numérisé non relu

I.E DOGE

O lois admirables de Venise, qui font comparaître la femme , dans l'espoir qu'elle pourra témoigner contre son époux ! Quelle gloire pour les chastes dames de Venise ! Mais des hommes habitués à blasphémer contre toute espèce d'honneur , des hommes comme ceux qui siègent dans cette cour, font bien de suivre leur vocation. Maintenant, lâche Sténo , si cette femme montre de la faiblesse, je te pardonne ton imposture , ma vengeance déçue , ma mort violente , et ta méprisable vie. (Za dogaresse entre. )

BENINTENDE

Madame , ce tribunal équitable a résolu de vous accoider votre demande , quelque étrange qu'elle soit , et de vous prêter une oreille attentive , avec le respect dû à vos aïeux , à votre rang et à vos vertus. Mais vous pâlissez... Soutenez la dogaresse j qu'on avance un siège.

Ce n'est qu'un moment de faiblesse... il est passé... Pardonnez-moi ;je ne m'assieds point en présence de mon époux et de mon prince , quand lui-même est debout.

BENINTENDE

Que désirez-vous , madame ?

ANGIOLINA

Des bruits étranges , mais véritables , si mes yeux et mes oreilles ne me trompent point, sont venus à mon oreille; je viens pour connaître la vérité, fût-elle pire encore. Excusez la précipitation de ma démarche. Est-il... Je ne puis parler... je ne sais comment exprimer ma question... Mais vous y répondez d'avance en détournant les yeux et par l'air sinistre de vos visages... ODieu! c'est le silence de la tombe. BENINTENDE , uprès uii moment de silence.

Epargnez-nous , épargnez-vous à vous-même la répétition de ce qui a été un devoir pour nous envers le ciel et les honmies... un devoir terrible , mais inexorable.

ANGIOLINA

Parlez toujours: je ne puis... je ne puis... non , je ne puis le croire, même à présent... Est-il condamné 1

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