ACTE PREMIER. lU
S'.ltDANAI'AI.E.
Mou Irèrc, je puis du moins rue gouveiucr nioi-iuèuio , puisque j'éeoute un paieil langage ; mais ne me force pas de sorlir de mou naturel facile.
SALEMÈ-VES.
C'est de ce naturel facile, trop facile et indolent, que j<^ voudiais t'anaf-lier. Oh ! (pie ne puis-je te réveiller, serait-ce contre mol-mcme!
SAUDANAPALE.
Par le dieu 13aal , cet homme voudrait faire un tyran de moi.
SALEMÈNES
Tu en es un. Penses-tu qu'il n'est de tyrannie que celle du sang et des chaînes ? Le despotisme du vice... la faiblesse et le crime de la volupté... la négligence... l'apathie... les maux d'une mollesse sensuelle... produisent dix mille tyrans dont la cruauté fatale surpasse les actes les plus odieux d'un maître énergique , quelque dur et barbare qu'il soit. Les perfides exemples de tes débauches corrompent autant qu'ils oppriment, et minent en même temps tout ton vain pouvoir et ceux qui le soutiendraient ; de sorte que , soit qu'un ennemi étranger nous envahisse, ou que la discorde intérieure nous divise, l'un ou l'autre nous seront également funestes... l'ennemi !... tes sujets n'auront aucun courage pour le vaincre... la révolte trouvera plutôt en eux ses appuis que tes défenseurs.
Qui donc te rend l'interprète de mes peuples.**
SALEIMÈNES.
Le pardon des outrages reçus par la reine ma sœur ; l'affection naturelle qui m'attache à mes jeunes neveux; ma fuh'lité pour le roi... fidélité dont il peut bientôt avoir besoin autrement qu'en paroles ; mon respect pour la postérité de Ninus, et aussi un autre motif que tu ne connais pas.
SARDANAPALE
Ouel est-il?
152 SARD AN AP ALE
SALEMÈNES
Le mot t est inconnu.
SARDANAPALE
Dis-)e , je désire l'apprendre.
SALEMÈNES
La vertu.
SARDANAPALE
Ce mot m'est inconnu! jamais il n'y eut de mot qui retentît autant à mon oreille,... et plus haut que les clameurs de la populace ou les sons aigus du clairon; ta sœur ne me parlait pas d'autre chose.
salemènes.
Pour passer à un sujet moins ennuyeux, entends parler du vice.
SARDANAPALE
Par qui ?
Eh! s'il le taut, par l'entremise même des vents, si tu peux écouter l'écho qui répète la voix de la nation.
SARDANAPALE
Allons... je suis indulgent, comme tu sais, et patient, comme tu l'as souvent éprouvé... Parle, qu'est-ce qui t'amène ^
SALEMÈNES
Ton péril.
SARDANAPALE
Continue.
SALEMÈNES
Eh bien! toutes les nations que ton père t'a laissées en héritage expriment tout haut leur ressentiment contre toi-
SARDANAPALE
Contre moi '^ Que veulent-ils , ces esclaves .•*
SALEMÈNES
Un roi.
SARDANAPALE
Que suis-je donc ^