LEG. SIU. G
GoBD.
Voyez Qu ifslionei roiuana , etc., apud Crxv. Ant'tq. roman., t. V.
Voyez aussi Muralori. nov. Jhet, intcrip. vêler., l. I. Il donne trois inscriptions latines et une grecque sur Néméi<is, et quelques autressur la Destinée.
'" Voyez l'iibbé Bracci , Di'seitazione sopra un ctipeo colivo , etc., pref. Bi^jfci se fonde sur la corde qui est au cnu de la statue, mais non pas sur le cou : il paraît que les gladialeurs ne se sont iamai^t serais de cet instrument, f Note A. Storia rfeZ/e arït , tome II.J f
•'■■ Polyphonte, héraut de Laïus. Iné par CEdipe; Cépréas, héraut d'Enfil^ns , tué par les Athéniens au moment où il s'efforçait d'éloigner les Héraclides de l'autel de la jUiséricorde, et en l'honneur duquel on institua lea jeux annuels qui se célébrèrent jusqu'à Adrien: Anthémocritus , héraut d'Athènes , tué par les Mégariens , qui ne réparèrent jamais leuL, impiété- Voy. l^lliitoire de fart, etc., tome II.
"'" Storia délie arli , eic.
...... yulneratam deficientem fecit in quo po»sit intelligi quantum restai animœ , Plin. , A'a(. hist.,
lib. XXXIV,
' Antiquit., tome III.
Race. itat.
Mas Capitol. , tome III.
3G(i NOTES
ainsi par l'appât de l'argent {auctocrali) , ou par une ambition dépravée. Ou finit même par faire paraître sur l'arène des chevaliers et des sénateurs. Le premier * tyran fut naturellement le premier auteur de cet affront à la dignité du citoyen romain. On fit aussi combattre dans le cirque des nains et des femmes : cette atrocité fut défendue par Severus. Parmi tous ces différens gladiateurs, les plus dignes de pitié étaient sans doute les prisonniers barbares , et c'est précisément à ceux-là qu'un auteur chrétien donne l'épithète ** d'innocens, pour les distinguer des gladiateurs de profession. Aurelius et Claudien condamnèrenl à ce métier un grand nombre de victimes : le premier après son triomphe, et le second sous prétexte de révolte *"*. Aucune guerre, dit Jusle-Lipse, ne fut jamais plus destructive pour le genre humain que les jeux des cirques. En dépit des lois de Constantin et de Constance, ces divertissemens barbares durèrent encore plus de soixante-dix ans après l'établissement du christianisme ; le courage d'un chrétien les fit cesser pour toujours. L'an 4o4 , aux calendes de janvier, les gladiateurs allaient combattre dans l'amphithéâtre Flavien, où, selon l'usage, le peuple s'était porté en foule: Almachius ou Télémachus, moine d'Orient qui était venu à Rome dans cette pieuse intention , s'élance au milieu de l'arène, et fait tous ses efforts pour séparer les combattans; le préteur Alypius ****, personnage singulièrement passionné pour les jeux des cirques, donne les ordres les plus pressans pour que les gladiateurs le mettent à mort ; et Télémachus gagne tout à la fois la palme de martyr et le titre de saint , qui ne fut jamais conquis par un plus noble exploit. A compter de ce jour, Honorius abolit les combats de gladiateurs , qui ne se sont plus renouvelés depuis. Ce fait est raconté par Théodoret ***** et par Cassiodore ******, et semble digne d'être cru , quoiqu'il figure dans le martyrologe romain *♦**»""'. Outre qu'on faisait couler le sang aux funérailles, dans les amphitheatres, les cirques, le forum, et autres lieux publics, on faisait aussi paraître les gladiateurs dans les salles des festins ; ils se déchiraient entre eus à coups de poignard, à la grande satisfaction et au milieu des applaudissemens des convives. Néanmoins , J uste-Lipse se permet de supposer que la perte du courage et une dégénération évidente de l'humauîté furent la suite presque immédiate de l'abolition de ces spectacles sanglans *"* '***♦. •î' Quand un gladiateur avait blessé son adversaire, il s'écriait : 7/ /'a {hoc habet ou Itabet) : le blessé jetait son arme et s'avançait au bord de l'arène pour
' Jules César , qui releva par la ohulf de l^ari>tocra<ic , fil paraître dan? l'artne Fuiiiis I^eptintiâ t< A. Ciloiius.
•• Terlulian., Sernwn. , lib. II.
"" Vopiscu».
•••• Aupustiaus, lib. VI , Confms.
IIisl. Eciei., cap. xxti.
Cassiud. Triparlita , lib. X . Saturn., ihifi.
Baroniuf ad ann. et in uoli:" ad martvrol. roii). t'oy. Mai.ingoin . délie niemone .■■arre e pi«
faoe deir anGteaIro Flaviu.
Quod ? Nou lu, Lip»i, moiuentuD) aliquod babuisse ceusce ad tirluteiu i' Magnum. Teiupor*
nostra, uosque ipsos videanius. Oppiduui ecce uuuin alteruniTe caplum , direpluai ; est lumulus circa nos, non in nobis; cl tamen coiicidinius et turbaïaur. Ubi roliur , ubi toi per aunos inedilala sapientia; étudia? Ubi ille anioius qui poss'il dicere : Si fractu." illabalur orbin? etc. C'tfl U prd' totypf du ftanégynque des rombati detoureaiir par M. pf'ittdltam.
supplier les spectateurs. S'il avait bien combattu , le peuple le sauvait ; dans le cas contraire , ou mènne si les "spectateurs n'étaient pas disposés en sa faveur, ils baissaient le pouce , et le gladiateur était immolé. Quelquefois le peuple était si féroce , qu'il témoignait de l'impatience lorsque le combat durait un peu plus que de coutume sans qu'aucun des deux champions fût blessé ou tué. La présence de l'empereur faisait ordinairement accorder la vie au vaincu ; et l'on rapporte comme un exemple de la cruauté de Caracalla que , dans un spectacle, à Nicomédie , il renvoya ceux qui venaient lui demander la vie , pour interroger le peuple , en d'autres termes qu'il les fit tuer. On fait en Espagne des cérémonies à peu près semblables dansles combats de taureaux. Un magistrat préside à la fête ; et après que les cavaliers et les picadores ont combattu l'animal , le matador se présente et demande la permission de le tuer. Si le taureau a bien fait son devoir en tuant deux ou trois chevaux ou un homme (Il est bien rare que cela n'arrive pas ainsi) , le peuple pousse des acclamations , les dames agitent en l'air leurs mouchoirs , et le taureau est sauvé. Les plus bruyantes marques d'approbation se font entendre à chaque blessure que les chevaux reçoivent , ou quand ils sont tués. Tous les .spectateurs sont transportés de plaisir, mais surtout les femmes, dont la plupart appartiennent aux familles les plus distinguées de l'Espagne. Tout dépend de l'habitude. Pendant l'été de 1809, l'auteur àt Cldlde-IIarotd. et M. Hobhouse se trouvaient dans la loge du gouverneur, au grand amphithéâtre de Sauta-Ma'ria, vis-à-vis de Cadix, avec deux autres Anglais, qui certes avaient vu plus d'une fois des batailles rangées. La mort d'un ou deux chevaux fut plus que suffisante pour satisfaire leur curiosité. Quelqu'un qui était avec nous les voyait frissonn-er et pâlir, et ne put s'empêcher de témoigner sa surprise au sujet de la manière étrange dont ils accueillaient un spectacle que tant de jeunes dames trouvaient ravissant ; elles riaient et battaient des mains parce qu'un autre cheval venait de succomber après avoir arrosé l'arène de sang. Un seul taureau tua trois .chevaux de ses propres cornes. Il fut sauvé par acclamations , et les transports de la joie universelle augmentèrent encore quand on apprit qu'il appartenait à un prêtre.
Un Anglais , qui prend plaisir à voir deux hommes se boxer jusqu'à se mettre en pièces , ne peut supporter la vue d'un cheval qui galope dans l'arène pendant que les boyaux lui sortent du ventre; il se détourne pénétré de dégoût et d'horreur pour le spectateur et pour le spectacle.
^' Suétone nous apprend que le sénat accorda une faveur toute particulière à César, en l'autorisant par un décret à porter toujours une couronne de laurier. César ne voulait pas montrer qu'il était le conquérant du monde, mais il voulait ne pas laisser voir qu'il était chauve. Un étranger qui l'aurait vu à Rome aurait eu bien delà peine à deviner ce motif , et nous ne l'aurions pas connu nous-mêmes , si l'historien n'eût pris soin de nous l'expliquer.
•'5 L'auteur de la Décadence et de la Cliule de l'empire romain a dit la même chose : on trouvera une description du Colysée dansles Historical illuslraiions.
6* Quoiqu'on ait enlevé tous ses bronzes, excepté l'anneau qui était nécessaire pour maintenir l'ouverture supérieure ; quoiqu'elle ait plusieurs fois été endommagée par des incendies et par les inondations du Tibre; enfin quoi-
qu'elle soit toujours exposée à la pluie , la rotonde est encore le mieux conservé (le tous les monumens qui remontent à la même date. La conversion du temple j.aïen en église s'est faite sans beaucoup de changemens ; et les niches de la rotonde étaient si bien appropriées pour recevoir des autels cbrétiens, que Michel- Ange, qui se connaissait en beautés antiques, en adopta la forme pour celles qu'il fit construire dans l'église catholique.
^5 Le Panthéon est aujourd'hui occupé par les bustes des grands hommes, ou plutôt des Romains distingués du temps moderne; la lumière, qui , passant par l'ouverture circulaire placée au sommet de la voûte, tombait jadis sur la réunion de toutes les divinités , éclaire maintenantune nombreuse collection de mortels, dont un ou deux ont été presque déifiés parla vénération de leurs compatriotes.
'^'^ Dans cette stance et dans les trois suivantes on fait allusion à cette fille romaine dont l'aventure est rappelée au voyageur par le lieu qu'on assure en avoir été le théâtre. C'est aujourd'hui l'église de Saint-Nicolas in carcere. Alais il est bien difficile de croire à la vérité de cette histoire. ( Voyez les Historical illustrations. )
67 Le château de Saint-Aoge. (Voyez les Historical illustrations. ) •
*'8 Celte stance et les six qui viennent après se rapportent à l'église de Saint- Pierre. Pour la dimension de cette église comparée aux autres grandes basiliques d'Europe, on peut consulter le Pavé de Saint-Pierre et le Voyage classique en Italie {Classical Tour through Italy) vol. IL
69 Marie périt sur 1 echafaud; Elisabeth mourut de douleur; Charles-Quint mourut ermite ; Louis XIV banqueroutier d'argent et de gloire; Cromwell mourut d'inquiétude ; et le plus grand de tous {the greatest is behind) , Napoléon, vit prisonnier. On pourrait ajouter à celte liste de souverains une longue liste d'autres noms également illustres et malheureux.
70 Le village de Némi était auprès de la retraite •ancienne d'Égérie ; il a conservé jusqu'à nos jours la désignation du bosquet, à cause des arbres qui ombrageaient le temple de Diane. Némi n'est distant de l'escellenle auberge d'Albano que d'une petite promenade à cheval.
7 » Toute la pente de la colline d'Albe offre des sites d'une incomparable beauté : du couvent, qui est situé sur le point le plus élevé, et qui a été bâti à la place du temple de Jupiter Latianus, la vue embrasse tous les objets mentionnés dans la stance à laquelle se rapporte cette note : la Méditerranée , tous les lieux où se passe la dernière moitié de l'Enéide, et toute la côte qui s'étend depuis l'embouchure du Tibre jusqu'au promontoire Circœum et au cap de Terracine.
On peut croire que la villa de Cicéroa était située à la place de la grotta [errata, ou bien à celle du Tusculum du prince de Canino.
Il y a quelques années , l'opinion générale était pour la grotta (errata, comme on peut le voir dans la vie de Cicéron par ]\liddleton. Aujourd'hui il n'y a que les dominicains qui le croient encore. Neuf moines grecs habitent la grotta ; et la villa voisine est la maison de plaisance d'été d'un cardinal. L'autre i;«7/<i , appelée RuUnella , est placée vers le haut do la colline , au-dessus de Frascali : c'est là qu'on a trouvé plusieurs beaux restes de Tusculum , sans compter sept
bustes et soixante -douze statues plus ou moins précieuses et plus ou moins bien conservées.
De la même eminence on aperçoit les collines de la Sabinie , dans lesquelles est enfermée la longue vallée du fîustica. Quelques circonstances tendent à prouver que cette vallée est ÏUstica d'Horace : le pavé mosaïque, découvert par des paysans qui défonçaient un vignoble , pourrait bien avoir appartenu à sa villa. Rustica est prononcé bref en Italie, au lieu que nous nous arrêtons sur Usticœ cubantis. Il est naturel de croire que c'est nous qui nous trompons plutôt que les habitans de celte vallée. L'addition d'une consonne au commencement du mot ne signifie rien , mais il serait possible que Rustica fiit un nom moderne que les paysans auraient entendu prononcer à quelque antiquaire.
La villa , ou , pour mieux dire , la mosaïque , est dans une vigne , sur une colline couverte de châtaigniers ; un torrent coule au fond de la vallée; il n'est pas vrai, quoi qu'en dise le Guide des voyageurs, que ce torrent s'appelle Licenza ; mais , aa haut de la vallée , il y a sur un rocher un village de ce nom , et ce nom peut bien dériver de Digeniia. Le village de Licenza contient sept cents habitans; un peu plus loin, sur une élévation , en trouve Civitella , qui en a trois cents. Sur les bords de l'Anio , avant de tourner pour s'engager dans la vallée Rustica, à une heure de chemin de la villa , on voit à gauche la ville Vico-Varo autre point de rapport avec le P^aria des poètes.
Au fond de la vallée , du côté de l'Anio , la petite ville de Bardela couronne une colline découverte. Le ruisseau de Licenza coule au pied , et se perd presque tout-à-fait dans des sables avant d'arriver à l'Anio. Hien n'explique mieux ces deux vers du poète, qu'on les prenne dans un sens méta[)horique ou dans le sens propre.
Me quotics reticit gelidu» DigeuLia rivu9, Quem Mandold bibit rugosus frigore pagiis.
Le ruisseau est limpide dans le haut de la' vallée; mais , avant d'arriver devant la colline de Bordela , son eau est verte et jaunâtre comme du soufre.
Rocca Giovane, village ruiné, et situé sur les collines à une demi-heure de distance de la vigne où l'on a trouvé la mosaïque, semble être la place oii s'clevait jadis le temple de Facuna ; une inscription , qu'on a trouvée dans ce lieuj nous apprend que ce temple de la Victoire sabine fut rebâti par Vespasien*. Avec ces données nous avons des probabilités suffisantes pour désigner le lieuoùelail lavilla d'Horace, car la position que nous lui assignons correspond parfaitement à ce qu'en a dit le poète.
La colline qui devrait être Lucretilisie nomme Campanile : en suivant le ruisseau jusqu'à la prétendue Bandusia , on arrive au pied de la haute monta'^ne Genuaro. 11 est assez singulier que la seule partie de terre labourable qu'il ^ ail
Iiip. Cfsm. Veshsiancs.
FOSTIITLX. MiZIUIItf. TniS, VOTE». CEKSOa. fDta.
Vitrouix. lETisrirs. iLLifSis.
SfA. IJIPE.S!». «CSTIIIII.
dans toute la vallée se trouve ?«r la colline où rette Bandusia prend sa source.
Tu frigu» amabile , Fcfsis tomcrc taiiris .
Praebcs el pecori vago.
Don.
Les paysans montrent près du pavé mosaïque une autre fontaine qu'ils appellent Oradina. Après avoir coulé entre les collines, elle alimente le réservoir d'une écluse à moulin , et puis va se jeter dans la Digenlia.
Mais nous ne pouvons espérer de suivre les traces des Muses jusqu'à leur source, en parcourant les détours de la vallée romantique pour découvrir la fontaine Bandusia. Il est assez singulier que quelques personnes aient pensé queBandusia était une des sources de la Digenlia. Horace ne dit pas un mot qui puisse le faire croire, et l'on a d'ailleurs découvert que cette fontaine immortelle était la propriété des moines. Ces saints personnages occupent tout ce qu'il v a de meilleur en Italie. On l'avait conduite pour le service de l'église de Saint-Gervais et de Saint-Protais, auprès de Venusia, et c'est là qu'il était raisonnable de la chercher. Moins heureux qu'un voyageur qui a visité récemment ce pays, nous n'avons pas trouvé le pin toujours suspendu au-dessus de la villa d'Horace. Il n'y a pas un seul pin dans toute la vallée ; mais en revanche il y a deui cyprès que le voyageur * aura pris pour le pin dont le poète parle dans son ode. Aujourd'hui , comme au temps de Virgile , le pin est un arbre de jardin , et i! n'était pas du tout vraisemblable qu'on pût le trouver croissant naturellement dans la vallée escarpée de Rustics. Sans doute qu'Horace avait un de ces pins dans son verger : il devait être placé , non pas sur les rochers qui s'élèvent à quelque distance, mais assez près de la ferme pour la couvrir de son ombre. Le vovageur peut très bien avoir cru retrouver ce pin dans les cyprès que j'ai déjà mentionnés. Quant aux orangers et aux citronniers dont il nous parle avec tant de complaisance dans la description des jardins royaux de Naples , ils doivent avoir changé de position ; car nous n'avons vu à leur place que des acacias et antres arbrisseaux communs. Qu'il me soit permis d'expliquer la cause du désappointement éprouvé par toutes les personnes qui ont choisi le Classical Tour pour les guider en visitant l'Italie; mes observations seront courtes, et je ne crains pas de les voir démentir. L'auteur du Classical Tburest bien, de tous lesécrivainsqui ont joui d'une réputation momentanée, celui qui s'est donné le moins de soiiîs pour satisfaire son lecteur. Il est bien rare qu'(^n puisse se fier à ce qu'il avance, même lorsqu'il parle de ce que tout le monde peut voir. Depuis la simple exagération jusqu'au mensonge complet , ses erreurs sont tellement fréquentes, qu'elles nous feraient croire , ou qu'il n'a jamais visité les lieux qu'il décrit , ou qu'il s'est fié aux assertions des autres écrivains. liC Classical Tour a tous les caractères d'une simple compilation d'anciennes noies liées ensemble par quelques observations personnelles , et grossies de ces embellissemens que l'on trouve sans peine en adoptant tous les lieux communs d'éloges qui s'appliquent à tout en général , el qui, par conséquent, ne signifient rien.
Le style d'un livre qu'un homme trouve lourd , ombairassé et peu convena-
'Claêtieal Toxr, chap. th.
ble au sujet , peut plaire à d'autres. Ceux-ci trouveront quelques agréables distractions en parcourant les périodes du Classical Tour. Il faut dire pourtant que le poli et le poids sont propres à faire croire à la valeur d'une chose. L'un des supplices de l'enfer consiste à pousser une énorme pierre sphérique sur une hauteur à pente rapide.
L'auteur avait le libre choix des mots ; mais il n'avait pas la même latitude pour ses sentimens. Le caractère de M. Eustace doit avoir été empreint de cet amour de la liberté et de la vertu qui respire dans son livre ; on y trouve à chaque page cette politesse d'esprit qui rend également recommandables un auteur et ses productions; mais ces sentimens généreux sont répandus avec tant de profusion, qu'ils embarrassent souvent le lecteur. Je serais tenté de les comparer au\ branches trop touffues qui nous empêchent de cueillir les fruits d'un arbre. L'onction de l'auteur comme ministre, et ses leçons comme moraliste, ont fait du Classical Tour quelque chose de mieux qu'un manuel de voyage; mais par cela même le but du livre est manqué. Cette remarque s'applique plus particulièrement à la manie qu'a M. Eustace de vouloir toujours instruire son lecteur en mettant continuellement en sf^ène le même ilote gaulois, pour l'enivrer devant la génération présente, et lui inspirer la sagesse en l'effrayant par les excès de la révolution. L'animosité contre les athées et les régicides de toutes les nations en général, et surtout contre ceux de la France, peut être honorable et utile ; mais cet antidote devrait être placé dans un tout autre livre qu'un tour classique; ou bien on aurait dû le mettre à part , afin que les détails topographiques et les réflexions qui s'y rattachaient ne fussent pas interrompus à chaque page pour faire place à d'amères déclamations. Quelque justes que soient les antipathies d'un homme , personne ne voudra jamais les adopter pour ses compagnons de voyage. Un topographe, à moins qu'il n'aspire à la gloire des prophètes , n'est point responsable des changemens qui peuvent survenir dans le pay: qu'il décrit; mais , au moment où les portraits et les divagations politiques cesseront d'aider le lecteur, à plus forte raison quand elles gêneront ses recherches, il regardera comme du papier perdu toutes les pages que l'auteur y aura consacrées.
Nous ne voulons ni blâmer ni louer ici aucun gouvernement , ni aucun souverain en particulier; mais c'est un fait incontestable que le gouvernement impérial par son adresse, ou les nouveaux souverains en trompant l'espoir que tout le monde avait mis en eux , ont opéré en Italie des changemens si réels et si considérables, que les philippiques anti-gallicanes de M. Eustace sont de véritables anachrenismes, et nous donnent même beaucoup de raisons de douter de sa bonne foi et de sa compétence en pareille matière. On peut citer comme un exemple remarquable la ville de Bologne : son attachement au pape, et par conséquent la désolation qu'elle a dû éprouver en tombant au pouvoir des Français, lui ont valu , de la part du vovageur, des lamentations et des cris de vengeance qu'il a rendus plus bruyans en empruntant la trompette de Burke. Or, depuis quelques années, et aujourd'hui même, Bologne se distingue, entre tous les étals de l'Italie, par son attachement aux principes de la révolution. C'est presque la seule ville où l'on ait lait quelques démonstrations en faveur de l'infortuné Murât. Toutefois ce changement pourrait s'être opéré depuis que M. Eustace a visité ces pays. Mais M, Eustace a glacé d'horreur le voyageur, en lui découvrant
riiorrible projet qu'eurent les Français d'enlever le cuivre de la coupole de Saint Pierre''. Que le voyageur se rassure; ni les Français, ni aucun autre voleur, n'auraient été capables d'exécuter un pareil sacrilège. Il n'y a point de cuivre sur la coupole ; elle est couverte en plomb.
Si les critiques généralement plus sévères n'eussent donné une grande vogue au Classical Tour, je n'aurais pas eu besoin d'avertir le lecteur que, quoique ce livre puisse orner sa bibliothèque, il lui sera très peu utile , inutile même dans sa voiture; et, si ces critiques eussent suspendu leurs jugemens, on n'eût pas songé à anticiper sur leur décision. Dans i'élat des choses , ceux qui sont comme la postérité vis-à-vis de M. Eustace peuventbien en appeler des éloges contemporains, et ils sont peut-être d'autant plus propres à l'apprécier impartialement , qu'ils sont plus éloignés de tout sentiment de haine ou d'amitié. Cet appel avait été fait en quelque sorte avant que ces notes fussent écrites; l'un des premiers imprimeurs de Florence s'était décidé , à la demande de plusieurs voyageurs qui allaient visiter l'Italie méridionale , à publier une édition à bon marché du Classical Tour ; mais les sages avis d'autres Anglais qui revenaient de faire le même voyage, le Grent renoncer à son entreprise , quoiqu'il eût disposé ses presses et son papier , et qu'il eût déjà tiré une ou deux des premières feuilles.
L'auteur de ces notes désire ( comme M. Gibbon ) se séparer du pape et des cardinaux en bonne intelligence; mais il n'a pas cru devoir s'imposer, sur le compte de leurs humbles partisans , le silence qu'il a discrètement gardé sur Sa Sainteté et sur leurs Eminences**.
* ■ M.iis quel sera l'éioniifenienl , ou plulôl l'borreur de mon lecleur , quand il saura que. . . le co- Biilé français a tourné son allention Ters Saint-Pierre , et a employé une compagnie de juifs pout faire estimer et vendre l'or , l'argent el le bronze qui décorent l'intérieur de l'édiGce , ainsi que les ruitres qui recourrenl les Toutes et le dôme de l'église ! > Classic. Tour, chap. it. Tout le monde sai» à Rome que le fait est entièrement faux.
•■ M. Eustace était un catholique.
Notice préliminaire ï
Essai sur la vie , le caractère et le génie de lord
Byron. — Première partie, depuis la naissance de lord
Byron jusqu'à son départ pour la Grèce ni
Seconde partie , depuis le départ de lord Byron pour la
Grèce jusqu'à sa mort cxxvi
Heures de loisir i
Avis du traducteur 2
Vers composés en quittant News tead- Abbey 3
Notes 4
Epitaphe pour un Ami • ibid.
Fragment 5
La Larme 6
Post-Scriptum 8
Sur une Larme ihid.