‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 18 sur 114 · I.VÎ · texte numérisé non relu

I.VÎ

» Son amaut tombe... elle ne répand pas une larme inutile; » son clief est tué... elle le remplace au poste fatal; l'ennemi » est repoussé , elle guide les vainqueurs : qui pourrait apaiser » mieux qu'elle l'ombre d'un amant! qui pourrait venger aussi » bien la mort d'un chef et rendre l'espérance aux guerriers con- » sternes ? »

Le rliytlime de Childe-Harold est le même que celui du poème de la Reine des Fées^. L. Byron a aussi quelquefois heureusement imité la naïveté de Spencer j mais il n'a pas toujours réussi dans ses -personnifications allégoriques. Le démon de la sottise, présidant à la convention de Cintra, est burlesque plutôt qu'épique j en revanche le génie de la guerre auquel la montagne de Talavera sert de marchepied , et qui rappelle l'horrible figure du dieu des Mexicains , est une de ces terribles conceptions dignes du ciseau de Michel-Ange.

L'invocation au Parnasse , écrite au pied de ce mont sacré , a toute cette harmonie et cette pompe lyriques dont le secret semblait perdu avec celui de la verve irréguUère de Pindare. Quand le poète revient à l'Espagne, on sent qu'il a puisé à la source de la muse antique. Le combat du taureau surpasse toutes les descriptions connues de ce jeu cruel des habitans de la péninsule.

Une apostrophe solennelle aux grandeurs éclipsées d'Athènes commence le second chant , consacré aux disgrâces de la Grèce. On doit convenir qu'aucun poète n'a su peindre avec le même charme le tableau de ces lieux si fameux dans l'histoire. Les poèmes que lord Byron a publiés après Childe-Harold doivent une grande partie de leur intérêt aux mêmes sites où il se plaît à nous ramener , et avec lesquels nos premières études nous ont presque familiarisés : mais, nous le répétons, nul poète n'avait su associer , comme lord Byron , l'intérêt des souvenirs classiques et les beautés éternelles du paysage. La terre des Hellènes ne s'était pas encore montrée à nous si belle par son climat et par ses ruines j jamais nous n'avions été si vivement émus du contraste de sa gloire ancienne et de son abjection actuelle :

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