‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 5 sur 114 · DEPUIS LA NAISSANCE DE LORD BYRON JTJSQU A SON DEPART POUR LA GRECE · texte numérisé non relu

DEPUIS LA NAISSANCE DE LORD BYRON JTJSQU A SON DEPART POUR LA GRECE

Si nous n'avions à juger la poésie de lord Byron que d'après les simples règles littéraires , notre tache nous paraîtrait moins délicate. Sans s'effrayer du grand nom soumis à son examen , la critique, par qui la cause du goût ne doit jamais être désertée , ferait la part des défauts qui appartiennent à la jeunesse de l'auteur , à ses négligences , aux écarts d'une imagination sans frein, aux contradictions et aux vices de ses systèmes ; avec la même franchise elle louerait cette profonde énergie qui anime tout ce (ju'elle touche , ce pouvoir de créer des combinaisons nouvelles et d'éveiller des émotions jusqu'alors inconnues; ce style rapide et brûlant, riche d'images, plus riche de penscesj enfin cette audace d'un génie indépendant, qui, sûr de lui-même, ne suit dérègles que par caprice, dédaigne de rien emprunter aux autres, et réunit tous les caractères de la véi'itable inspiration.

Mais au nom de lord Byron s'élève une question plus grave que celle de l'art : celle de la tendance morale de ses écrits et du danger de leur influence. Le noble lord n'est-il qu'un de ces fils harmonieux de la fiction que le disciple sévère de Socrate eût bannis de sa république avec des fleurs et des parfums ? ou faut-il même le considérer comme un ennemi déclaré des lois

"La première partie de cet Essai , plutôt littéraire que biographique , a paru pour la première fois en iSaô ; nous l'avons seulement revue, corrigée et cemplétée , en y intercalant quelques faits et jugemens nouveaux.

Page 1