ADIEUX D'UN POLONAIS A NAPOLÉON
Tout le monde pleurait , mais surtout Savary . et un officier polonais qui avait été élevé en grade par Bonaparte; il embrassait les genoux de soh maître : il écrivit à lord Keith une lettre poursolliciter la permission de l'arcompagner, même en qualité de domestique; ce qui lui fut refusé. Extrait d'une gaze He.
Il est donc vrai , ô mon illustre maître , que tu seras séparé du petit nombre des braves qui te sont restés fidèles ! Qui pourra te peindre la douleur de tes guerriers "? ce long adieu va porter le désespoir dans leur âme... Je chéiis une épouse; mon cœur n'a pas oublié mes amis; mais que sont 1 amour et l'amitié en comparaison du dévouement et de la fidélité d'un soldat !
Idole de tes guerriers! grand au milieu des batailles , tu PS devenu plus grand encore dans ton malheur : comme toi , d'autres ont pu conquérir le monde ; mais toi seul tu as supporté les coups du sort sans te laisser abattre. Long-temps j'affrontai le trimas à t8s côtés ; j'enviais le destin des braves 1. 6
qui mouraient en bénissant le chef qu'ils avaient si bien
servi
Ah! pourquoi n'ai-je pu mourir avec eux, plutôt que de vivre pour être témoin de ce jour affreux ! Que crarignent donc les lâches ennemis qui nous défendent de te suivre ? pensent-ils donc que nos efforts puissent te rendre la liberté? Qu'ils me chargent de chaînes ; elles seront légères pour moi , s'il m'est permis d'admirer encore cette âme que rien n'a pu dompter.
Ah! si elle venait à s'éclipser tout-à-coup la gloire empruntée de cet homme sourd à la voix d'un serviteur fidèle, ses vils flatteurs voudraient-ils partager l'obscurité dans laquelle il naquit? Si la couronne du monde, que tu abandonnes sans regrets, était sur le front de ton persécuteur, pourrait -il trouver des cœurs aussi dévoués que ceux qui té restent encore ?
Mon chef, mon roi , mon ami , adieu ! Jusqu'ici je n'avais jamais fléchi le genou , jamais je n'avais supplié mon souverain comme en ce moment je supplie ses ennemis. La seule grâce que j'implore , c'est d'être le compagnon de tous les périls du héros, et de partager son infortune , son exil et sa tombe.
NOTE
' A Walerloo on vit un soldat à qui un canon avait brisé le bras, l'arracher avec l'autre main , et le jeter en l'air en criant à ses camarades: Five l'Empereur jusqu'à la mort. 11 y a eu plusieurs faits du même genre; vous pouvez compter sur la vérité de celui-ci.
Lettre de Bruxelles.
POLITIQUES. s.!',