‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 63 sur 114 · ADIEUX DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

ADIEUX DE NAPOLÉON

^4dieu! terre qui fus le berceau de ma gloire, et d'où 1 eclat de mon nom éclaira tout l'univers. Tu m'abandonnes aujourd'hui, mais les pages les plus brillantes comme les plus sombres de ton histoire seront pleines de ma renommée. J'ai fait la guerre au monde entier qui m'a vaincu lorsque je me suis laissé entraîner trop loin , égaré par le météore des conquêtes. J'ai combattu contre les nations qui me re- , doutent encore seul comme je suis, dernier captif d'un million de soldats.

Adieu, France! pendant que ta couronne ornait mon front, je te rendis la perle et la merveille du monde! ta faiblesse l'ordonne : je t'abandonne comme je t'ai trouvée, déchue de ta gloire et privée de tes vertus. Oh ! que n'ai -je encore ces vétérans qui périrent en décidant le succès de nos premières batailles! mon aigle, dont l'œil est maintenant obscurci , reprendrait son essor en contemplant le soleil de la victoire.

Adieu, France! mais si la liberté rallie jamais ses soldats sur ton sol, sou.viens - toi de moi. La violette croît encore dans tes vallées; quoique flétiie, tes larmes l'arroseront et lui rendront sa fraîcheur. Je puis encore terrasser les ennemis qui nous entourent; ton cœur peut encore s'éveiller à ma voix ; la chaîne qui nous rend esclaves a des anneaux faciles à rompre : alors tourne les yeux vers moi ; appelle le chef de ton choix.

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