‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 64 sur 114 · TRADUITE DU FRANÇAIS · texte numérisé non relu

TRADUITE DU FRANÇAIS

Nous ne te maudissons pas , ô Waterloo ! quoique le sang de la liberté ait arrosé tes plaines ! ce sang précieux ne sera pas répandu en vain. Semblable à la trombe de l'Océan , il jaillit avec force et s'élève dans les airs, pour se mêler au sang de l'infortuné Labédoyère , et de ce héros qui mérita d'être surnommé le brave des braves. Déjà il forme un nuage rougeâtre qui doit retourner aux lieux d'où il est sorti : quand il sera plein, il éclatera de toutes parts *. Jamais on n aura entendu un coup de tonnerre pareil à celui qui retentira aux oreilles du monde étonné : jamais on n'aura vu un éclair semblable à celui qui brillera alors dans le ciel, comme l'étoile annoncée par le prophète , et qui doit précipiter sur la terre une pluie de flammes , et changer les rivières en sang ^

Notre chef a succombé; mais ne vous en attribuez pas la gloire , fiers vainqueurs de Waterloo ! pendant que , soldat et citoyen , il ne commandait à ses égaux que pour les guider paitout où la victoire souriait à ses exploits , quel est , parmi tous les despotes ligués , celui qui eût osé attaquer ce jeune fils de la liberté? Quel homme eût osé concevoir la pensée

" On trouve à peu près la même image dans un ouvrage bizaiTe plus cité que connu le Bouclier d'honneur, éloge de Crillon, par le jésuite F. Bening , J'Aviguon ou d'Arles. Nous rapporterons ici la phrase du P. Bening , pour justifier par ce rapprochement ce que nous avons dit , dans notre avant-propos , de Voricntalisnic de ces pièces politiques. Le panégyriste parle du sang de Grillon , répandu à Lépante , et s'écrie: ff O mer ! pousse maintenant tes flots jusqu'au ciel pour rendre ce sang aw ciel , qui a été répandu pour le ciel. O ciel ! par ton soleil attire à toi ce sang comme une belle vapeur , pour en faire une nue et puis un nrc-en-ciel, ou une Iris d'alliniice entve Dieu et Grillon , etc. » a. p.

d'asservir la France , avant que la tyrannie l'eût rendue esclave ; avant que , poussé par l'ambition , le héros eût dégénéré en despote? C'est alors qu'il est tombé. Puissent ainsi linir désormais tous ceux qui voudront soumettre les hommes à la puissance d'un seul!

ni.

Et toi , guerrier au panache blanc , monarque à qui ton royaume a refusé un tombeau ^ , pourquoi cessas-tu de guider les soldats français contre les troupes mercenaires de leurs ennemis ?Tu t'es dévoué à une mort honteuse pour reprendre un titre peu honorable et une couronne que tu avais conquise au prix de ton sang. Ah! sans cloute, lorsque, monté sur ton superbe coursier, tu t'élançais dans la mêlée comme un torrent qui a franclii ses barrières , lorsque, autour de toi, la terre était couverte des débris des épées et des casques brillans, tu ne songeais pas au destin qui devait terminer ta carrière ; te ne pensais pas que ton panache superbe devait un jour être abattu et souillé par les mains d'un esclave. Autrefois , semblable à la lune qui dirige le fiux et le reflux de la mer , ce panache flottait dansles airs pour servir de guide aux guerriers ; dans la nuit que causait la fumée du soufre des batailles, les yeux des soldats cherchaient toujours ton cimier ; en le voyant aux premiers rangs, ils se précipitaient sur les ennemis avec une ardeur nouvelle. Aux lieux où l'agonie de la mort était la plus courte, où l'action était la plus vive , la bataille la plus serrée , et où les cadavres s'amoncelaient autour de l'aigle audacieux ( cet aigle que la foudre du ciel n'aurait pu arrêter, car dans son essor il était tout resplendissant des rayons de la ^^ctoi^e); partout où les lignes ennemies étaient enfoncées, ou se débandaient dans la plaine , c'est là que vous étiez sûr de voir combattre Murât... Il ne combattra plus.

Notie gloire est flétrie : les ennemis s'avancent ; le Triomphe pleure en voyant ses arcs renversés; mais la Liberté se ré-

veille ! Que sa voix exprime les sentiiueiis qui réjouissent son cœur. La main appuyée sur son épée, elle recevra le tribut d'une double adoration. Deux fois la France a chèrement acheté les leçons qu'elle a reçues : son bonheur ne dépend point du trône ; il dépend de l'égalité des droits, et de l'union de tous ses enfans dans la grande cause de cette liberté que Dieu a donnée avec la vie à toutes les créatures mortelles, quoique le crime ait essayé de la bannir de la terre : le crime qui d'une main farouche et prodigue répand les richesses des nations comme le sable, et verse des torrens de sang pour grossir les mers du carnage.

Le cœur et l'esprit des hommes ont prêté leurs forces à la voix qu'ils ont élevée : qui pourra résister à cette fière alliance ! Il n'est plus ce temps où le glaive pouvait asservir les mortels : 1 homme meurt... l'àme se renouvelle. Même dans ce monde de soucis et de lâcheté, la liberté ne manquera jamais d'héritiers. Des milliers d'hommes ne respirent aujourd'hui que pour elle. Quand ses armées se rassembleront de nouveau, les tyrans apprendront à croire en elle en tremblant. Qu'ils se gardent de sourire de ces menaces ; elles seront suivies de larmes de sang.

■ Voyez l'Apocalypse, chap, vm , verset 7 , etc.

n Le premier ange sonna de la trompette , et alors je vis tomber la grêle mêlée de feu et de sang. »

Verset 8: « Le second ange sonna de la trompette, et quelque chose comme une grande montagne fut jeté dans la mer: et le tiers de la mer devint du sang.»

Verset 10: 0 Et le troisième ange sonna de la trompette, et il tomba une grande étoile du ciel, brûlant comme une lampe, et elle tomba sur un tiers des rivières et sur les sources des eaux. «

Verset 1 1 : <■ Et le nom de l'étoile est absinllie, et le tiers des eaux devint absinthe; et plusieurs moururent d'avoir bu des eaux, parce qu'elles étaient amères.»

' Ou dit que les restes de Mural ont été arrachés au lombcau cl brûlés.

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