AU LIS
Avant que le vent disperse tes feuilles, arrête, emblème prétendu de l'innocence , — et donne-nous du moins, en te flétrissant, la leçon que ton déclin offre aux hommes.
Tu étais beau comme le rayon du matin, et riche comme l'orgueil de la mine ; tes charmes se sont évanouis ; tu es en butte à la haine , aux mépris et aux malédictions de la liberté.
Tu brillais au milieu des sourires du monde , ton ombre était un abri protecteur ; mais à présent tes corolles se froissent et se fanent; — tu n'es plus l'ornement de ta terre natale.
Le souffle de la corruption a passé sur tes feuilles , le ver du bigotisme a miné ta tige; ceux qui t'ont aimé souriront de tes revers , ceux qui l'adoraient te condamneront.
La vallée qui te vit naître gémira sur la pei'te de l'espoir de son sol ; les légions qui combattirent pour ton honneur et ta beauté s'empresseront de demander tes dépouilles.
Tes fleurs seront un emblème de moquerie, le symbole
" Poems atlributed to lord Byron , etc. Nous osons croire que cette pièce sur me fleur parlagorait (si elle était meilleure) l'amnistie accordée à Iii violette.
de l'esclave, l'objet des dédains de l'homme libre, dans les cités , sur les montagnes et les valions.
Ah! c'est l'haleine pestilentielle de la tyrannie qui a dispersé tes boutons sur la terre , et taché de sang ton voile virginal en te portant de cruelles blessures.
C'est la tyrannie qui a secoué violemment ta tige, appelé les orages contre toi , vicié ta sève , et flétri toutes les promesses de tes fleurs.
Car tu n'avais aucun bras patriotique pour te soutenir dans ta faiblesse contre la destruction... la destruction précédée du désespoir : une heure a suffi pour ta perte.
Il y en avait cependant qui prétendaient te plaindre, qui prétendaient te sauver; de vrais empiriques, d'accord pour mentir, et puis danser sur ton tombeau.
O toi , patrie des lis ! en vain voudrais-tu relever sa tête pâle , elle ne reverdira jamais ! une autre fleur lui succédera.
Avant que le vent disperse toutes tes feuilles, préiendu emblème de l'innocence, arrête, et donne-nous, en te flétrissant , la leçon que ton destin offre aux mortels.