‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 85 sur 114 · I.XIV · texte numérisé non relu

I.XIV

Childe -Harold se reposa de ses courses dans le palai: * Poèlp persan, a. r,

no CHILDE-HAROLD.

d'Ali , admirant mille objets nouveaux pour ses yeux. Bientôt , lassé du spectacle pompeux du luxe des musulmans , il ne vit plus qu'avec dégoût ce séjour de la richesse et de la volupté, asile d'un prince qui fuyait le bruit de la ville. Avec moins d'éclat, ces lieux auraient des charmes réels j mais la paix du cœur abhorre les joies factices , et le plaisir, mêlé avec la pompe , perd tout son attrait.

Les enfans de l'Albanie portent des cœurs farouches; cependant ils ne sont point sans vertus, quelque sauvages que soient ces vertus elles-mêmes. Où est l'ennemi qui les a jamais vus fuir? Quels soldats endurent plus patiemment les travaux de la guerre? Leur vie n'est pas moins frugale pendant la paix qu'aux jours d'alarmes et de disette. Leur vengeance est mortelle , mais leur amitié est sûre. Fidèles à la voix de la reconnaissance ou de la valeur, ils volent avec intrépidité aux plus grands dangers sur les pas de leur chef.

Childe-Harold les vit dans le palais d'Ah-Pacha , accourant en foule pour marcher au combat et à la gloire ; il les vit aussi lorsqu'il tomba entre leurs mains, victime d'une infortune passagère. Les hommes cruels sont toujours plus cruels envers les malheureux : mais les Albanais l'accueillirent sous leur toit hospitalier; des peuples moins barbares peut-être se fussent montrés moins généreux, et ses propres concitoyens se seraient tenus à l'écart^'. Ah! qu'ils sont en petit nombre , les hommes qui ne se démentent pas dans de telles épreuves !

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