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On entendait les coups sonner, comme en automne La grêle sur les murs ; le peuple, pour mieux voir, Se penchait, palpitant de terreur et d'espoir; César tout ébloui se tordait sur son trône : « Aux mines de Mirax ! » dit une voix qui tonne; Et le Thrace tomba dans les flots d'un sang noir.
Le vainqueur attendit un second adversaire; Ses yeux fauves brillaient comme un feu dans la nuit, Son glaive ruisselant dégouttait sur la terre, Et de la populace il écoutait le bruit.
;imnite parut, et mordit la poussière, Puis un troisième encore, et d'autres après lui.
Six fois le croc de ter s'abattit sur l'arène,
Six fois le cri d'adieu salua l'empereur,
Et. comme un — i.-ïzr.r.t-: qui (anche ians la plaine,
L'inconnu sur son front essuyait la sueur.
Puis il vida d'un trait, pour calmer son ardeur,
De cendre et d'eau tiédie une patère pleine.
On vit en même temps un spectacle inouï :
Commode l'empereur franchit la balustrade,
Et lui-même au jeune homme il donna l'accolade :
« Grâce à toi, » cria-t-il, « je triomphe aujourd'hui !
« Tu peux de mes faveurs essayer l'escalade,
• Comme tu fus le mien, je serai ton appui. »
226 MELjENIS.
Il saisit la couronne aux longs rubans de laine Et voulut la poser sur le front du vainqueur; Le léger tambourin, la flûte lydienne Jetaient leur note grêle à l'immense clameur : « Son nom ! » criait le peuple en respirant à peine ; Le héraut répondit : « C'est Paulus le rhéteur ! »
« — C'est Paulus! » A ce nom qui sur la foule plane, Deux cris longs et perçants montèrent vers les deux : L'un partait de l'orchestre où va la courtisane, Et l'autre des gradins ornés de lits soyeux Où, sous le blanc réseau d'un voile diaphane, La matrone se cache aux regards envieux.
MEL.ïNIS.