‹ Œuvres de Louis BouilhetChapitre 18 sur 36 · MEL.EN'IS · texte numérisé non relu

MEL.EN'IS

«Viens! » ditPantabolus. — « Non, » répondit la belle,

Et sa pose enivrante était plus molle encor.

Le soldat n'y tint plus, d'un bond il fut près d'elle,

A sa taille glissante attacha son bras fort;

« Oh! je t'aime! dit-il, que sert d'être rebelle?.., »

Et sa main vers le banc l'entraina sans effort;

Elle s'assit sur lui ; son beau col qui se penche, Tremblait, comme un roseau que le vent fait plier ; Sa gorge s'écrasait sur l'armure d'acier, Et les flots gracieux de sa tunique blanche Inondant le soldat, ainsi qu'une avalanche, Frôlaient la guêtre noire et le rude soulier.

■ Si j'étais homme aussi, j'aimerais les batailles,

1 )it-elle, et sur mon front les panaches mouvants, « La marche en plein soleil, l'assaut sur les murailles, « La tente qu'on déploie et qui frissonne aux vents !... Le soldat la couvait sous ses yeux éclatants ; Les mots qu'il entendait le prenaient aux entrailles.

« Tu dis vrai ! cria-t-il en agitant ses mains,

* Du temps de Cassius, j'ai vu de grandes guerres,

« Les Scythes vagabonds aux flèches meurtrières,

« Les Gelons demi-nus, les Sarmates lointains...

« C'était plaisir alors ! des légions entières

« Franchissaient le Danube, au pays des Germains ! .<

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