FIN
Le Priuilege du Roy.
HENRI par la grâce de Dieu Roy de France.
A notre Preuot de Paris, & Senefchal de Lionnois, ou leurs Lieutenans, & à chacun d'eus Jî comme à lui apartiendra, Salut & dileccion. Reçue auons l'humble fuplicacion de notre chère & bien aymee Louïje Lobé, Lionnoiie, contenant qu'elle aurait des long temps composé quelque Dialogue de Folie & d'Amour : enfemble plujteurs Sonnets, Odes & Epitres, qu'aucuns fes Amis auraient foupraits, & iceus encores non parfaits publie^ en diuers endroits. Et doutant qu'aucuns ne les voujijjent faire imprimer en cette forte, elle les ayant reuu^ & corrige^ à loifir les mettrait volontiers en lumière, à fin defuprimer les premiers exemplaires: mais elle doute que les Imprimeurs ne fe voufijfent charger de la dejpenfe fans efire aJfeure-{ qu'autres puis après n'entreprendront fur leur labeur. Povrce est il : que nous inclinant libéralement à la requejle de ladite fupliante, lui auons de notre grâce fpeciale donné Priuilege, congé, licence & permijjion de pouuoir faire imprimer fefdites Eûmes cy dejfus mencionnees , par tel Imprimeur que bon lui femblera. Auec inibicions £• defenfes à tous Libraires, Imprimeurs ô- tous autres qu'il apartiendra, de non Impri-
PRIVILEGE DV ROY. l6j
mer ne faire Imprimer, vendre ne faire vendre & dijlribuer ledit Livre cy dejfus declairé, fans le vouloir & confentement de ladite fupliante, 6* de celui â qui premièrement elle en aura donné la charge, dans le tems de cinq ans confecutifs, faits & acomplis : commençans au iour & date que ledit Hure fera acheué d'imprimer, fans qu'il foit libre à autres Imprimeurs ou Libraires, S* autres perfonnes quels quilsfoient, & pour quelque imprejjîon que ce foit : foit grande ou petite forme, les pouvoir imprimer ou faire imprimer. S* expofer en vente, fnon de ceus que ladite fupliante aura fait ou fera faire imprimer, que lefdis cinq ans ne foient expire\, fini-[ S* accomplis. Et ce, fur peine de confifcacion defdis Liures, & d'amende arbitraire. De ce faire vous auons donné pouvoir & mandement fpecial par ces prefentes. Mandons & commandons à tous nos luficiers, Officiers &fugets, que à vous cefaifant foit obéi : car tel ejl notre plaifr. Donné à Fonteinebleau le xiii iour de Mars, L'an de grâce mile cinq cens cinquante quatre. Et de notre règne le VIII.
Par le Roy en fon confeil.
Robillart.
TESTAMENT
DE LOVÏZE LABF
!v nom de Dieu, amen. A tous ceux qui ces prefentes lettres verront, Nous garde du fcel commun royal eftabli aux contrats du bailliage de Mafcon & fenechaufTee de Lyon, fçauoir faifons que par deuant Pierre de la Foreft, notaire & tabellion royal à Lyon deflbubs figné, & en prefence des tefmoins aprez nommez, a efté prefente dame Loyfe Charlin dite Labé, veuue de feu fire Ennemond Perrin, en fon viuant bourgeois
l66 TESTAMENT
citoyen habitant à Lyon, laquelle faifant de fon bon gré 8t ame pieufe & pure volonté, fans force ni contrainte, mais de fa libérale volonté, confiderant qu'il n'eft rien fi certain que la mort ni moins incertain que l'heure d'icelle, ne voulant de ce monde décéder fans tefter & ordonner des biens qu'il a plu à Dieu lui donner en ce mortel monde, afin que, aprez fon decez &, trefpas, différend n'en aduienne entre fes fucceffeurs: à ces caufes & aultres confiderations à ce la mouuant, ladite teftatrice, aprez auoir reuoqué comme elle reuoque, caffe &. adnuUe tous &. chacuns fes aultres teflaments qu'elle pourroit auoir fait de bouche ou par efcript, &. aprez auoir déclaré comme elle déclare que ce prefent fon teflament foit valable par forme de teflament nuncupatif, teflament folempnel, par forme de codicile, donation à caufe de mort & aultrement comme mieulx il pourra & debura valoir félon les droits, loix canoniques &. aultres us & coullumes introduises en faueur des teftateurs, a fait fon teflament &. ordonnance de dernière vdlonté de tous &. chacuns fes biens meubles &• immeubles prefents & aduenir quelconques, en la forme &. manière qui s'en fuit: & premièrement ladite teftatrice, comme bonne &. loyale chreftienne, a recommandé fon ame à Dieu le créateur, le priant, par la mort &. paflîon de fon feul fils lefus Chrift, recepuoir fon ame, & la colloquer en fon royaume de Paradis, par l'intercelTion de fa treffacree mère, faints & faintes, &. pour à ce parueniars'efl munie du feing de la croix t, difant: Au nom du Père, du Fils & du Saint
DE LOVIZE LABE. 1 67
Efprit. Item, ladite teftatrice, en cas qu'elle decede en cette ville de Lyon, eflit la fepulture de fon corps en l'eglife de N.-D. de Confort, & ou décédera ailleurs, veult ellre enterrée en la paroifle du lieu ou elle décédera, & veult eflre enterrée fans pompe ni fuperftitions, à fçauoir de nuid, à la lanterne, accompagnée de quatre preftres, outre les porteurs de fon corps, & ordonne eRre dites en l'eglife du lieu ou elle décédera, une grande mefle à diacre &• foubfdiacre, & cent petites meffes continuellement iufques à huit iours après fon decez, &. veult que feniblable feruice foit fait l'an reuolu de fon decez &. donne à l'eglife ou elle fera enterrée la fomme de loo liures pour une fois, à fçauoir 25 liures pour faire lefdits feruices, & le reRe pour employer en réparations, laquelle fomme elle veult eftre payée auxdits defieruiteurs, à fçauoir la liures 10 fols après fon decez, aultres 12 liures 10 fols pour ledit feruice, auec le furplus defdites 100 liures pour lefdites réparations, dans l'an aprez fon decez que ledit feruice fera fait. Item, ladite teftatrice, efmeue de deuotion, a doté, fondé & légué à ladite eglife de Parcieu en Dombes une penfion annuelle 84 perpétuelle d'une afnee vin &. une mefure bled froment bon, pur & marchand, mefure dudit lieu, laquelle penfion elle impofe fur fa grange & tenement qu'elle a audit lieu de Parcieu en Dombes, &. veult eftre payée aus S" delTeruiteurs par chacun an, à chacune fefte de S. Martin d'hiuer, à commencer à la prochaine fefte de S. Martin aprez le decez de ladite teftatrice, à la charge que lef-
l68 TESTAMENT
dits defferuiteurs & leurs fucceffeurs feront tenus dire ti célébrer perpétuellement, ou par chacune femaine, une mefle bafle en ladite eglife, à fon intention, U de fes parents & amys, à commencer dans la femaine aprez fon decez. Item, ladite teftatrice, pour charité, pitié, aumofne, a légué & donné aux panures la fomme de 1,000 liures de fonds, auec les dons au proufit de cinq pour cent ou aultre proufit qu'il plaira au roy donner à caufe de ladite fomme, & icelle prendra fur le crédit de plus grand somme qu'elle a au grand party du roy foubs le nom du S' Thomas Fortin (ou Fourtin), &. duquel elle a cedulle, lequel crédit doibt eftre alTîgné fur la ville de Rouan à raifon de cinq pour cent, laquelle fomme de fonds ou dons & reuenus ladite teftatrice veult eftre diftribuee aux panures par ledit Fortin, lequel elle prie d'en prendre la charge, & aprez le decez d'iceluy Fortin, & ou ladite fomme par lui n'auroit pas efté diftribuee, en lailfe la charge aux reéleurs de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon, ainfy que lefdits Fortin & reâeurs verront eftre plus charitable. Item, ladite teftatrice a donné & légué, pour aider à marier trois panures filles, à chacune la fomme de 5 o liures tournois à prendre fur les premiers deniers de la rente du refte de fondit crédit du roy, en laiffant la nomination & efleftion, diftribution & deliurance defdits deniers, ladite teftatrice en laifle la charge aux fieurs reéleurs de l'Aumofne générale de Lyon. Item, ladite teftatrice a donné & prelegué en principut & aduantage à Pierre Charly dit Labé fon nepueu & l'un de fes heri-
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tiers aprez nommez, le refte des deniers, que icelle teftatrice a audit grand party fous le nom dudit S' Thomas Fortin, qui eft tout ce qui refte, defduit les i,ooo liures léguées auxdits pauures & les 150 liures tournois pour les dons léguez pour marier pauures filles, pour dudit refte d'iceluy crédit, tant de principal que de dons, faire &. difpofer par ledit Pierre Charly comme de fa chofe propre, &. fans qu'il foit tenu le rapporter ou conférer à la mafTe d'hoyrie de ladite teftatrice auec fes héritiers ou cohéritiers, le faifant en ce fon héritier particulier. Item, ladite teftatrice donne & lègue à quatre filles d'un nommé Villard de Parcieu fon voifin, à chacune d'elles une robbe iufques à 5 liures tournois, lefquelles leur veult eftre deliurees ou elles furuiuront à ladite teftatrice, incontinent aprez fon decez 8t trefpas, pour une fois, &. non aultrement. Item , ladite teftatrice donne &. lègue à Antoinette , femme de Pierre Valiant tiffotier, iadis feruante de ladite teftatrice, la somme de 100 liures tournois, laquelle luy veult eftre payée pour une fois aprez le decez de ladite teftatrice. Item, donne & lègue icelle teftatrice à une fienne chambrière qu'elle a dit eftre nommée Pernette, ieune fille, la fomme de 50 liures, laquelle luy veult eftre payée pour une fois lorfqu'elle fera mariée, &. cas demeurant que ladite Pernette decedaft fans eftre mariée, donne & lègue ladite fomme aux pauures à la nomination dudit Fortin, &. aprez luy, defdits reéteurs. Item, donne &. lègue icelle teftatrice à aultre Pernette fa vieille chambrière qu'elle tient à la I. 8
I70 TESTAMENT
grange de Parcieu, une penfion viagère de lo liures, d'un poinçon de trois afnees de vin & d'une afnee bled froment, le tout bon, pur, net & marchand, mefure dudit lieu, laquelle veult eflre payée à ladite Pernette, & tant qu'elle viura, par fefdits héritiers & fubRituez aprez nommez, par chacun an, à commencer aprez le decez d'icelle teftatrice : déclarant icelle teftatrice auoir I 8 liures tournois appartenant à ladite Pernette, tant pour relie de fes gages que deniers qu'elle lui a baillez en garde, laquelle fomme lui veult eftre reflituee après le decez de ladite teRatrice. Item, ladite teftatrice a donné & légué à lacquefme Ballaflbn, iadis fon iardinier, lequel demeure en la paroifle de Parcieu, une penfion annuelle &. viagère de deux afnees bled froment, bon, pur &. marchand, mefure du lieu, laquelle elle veult eftre payée audit lacquefme &. à fes enfants, tant qu'ils viuront, &. non plus aultrement, aprez le decez de ladite teftatrice, &l veult &. entend icelle teftatrice que ladite penfion puiffe eftre rachetée par fes héritiers & fubftiluez, en payant audit Ballaiïbn ou à fefdits enfants, la fomme de loo liures tournois, quand bon femblera à fes héritiers. Item, ladite teftatrice donne & lègue à Claude Chomel fon feruiteur, pour une fois, la fomme de lo liures tournois, laquelle veult lui eftre payée aprez fon decez: déclarant eftre débitrice audit Chomel de jo liures tournois, tant pour refte de fes gages que pour deniers qu'il luy a baillez en garde, lefquelles 30 liures tournois luy veult eftre reftituees aprez fon decez. Item, la mefme teftatrice
DE LOVIZE LABE. I7I
donne &. lègue à Benoift Frotté, fon grangier dudit lieu de Parcieu, la femme de i o Hures, à la femme dudit grangier & à la niepce de la grangiere, à chacune une cotte iufques à 5 liures tournois, lefquelles leur veult eftre payées refpefliuement & aprez fon decez. Item, ladite teftatrice, pour bonnes confiderations, à ce la mouuant, a donné & légué, donne &. lègue par ces prefentes, audit S' Thomas Fortin, marchand florentin, demeurant audit Lyon, les ufufruiéts, proufits, reuenus Si iouiITance de la grange & tenement qu'elle a audit lieu de Parcieu, en quoy que ladite grange confifte, foit en mefonnaiges, baftiments, iardins, fonds, héritages 8t immeubles quelconques, &. tant celle ou ladite teftatrice a couftume habiter que celle ou elle tient fon grangier, auec toutes les penfions qui font dues à ladite teftatrice tant audit lieu de Parcieu que lieux circonuoifins, qui peuuent monter à la quantité de vingt afnees bled par chacun an, ou enuiron, pour en iouïr & ufer par ledit Fortin &. les fiens, & autres qu'il plaira audit Fortin, légataire ordonner aprez fon decez, pendant St durant le temps de vingt ans continuels &. confecutifs à compter du iour du decez de ladite leflatrice: tant feulement St outre ce, donne &. lègue audit Fortin & aux fiens fufdits, pendant ledit temps de vingt ans, l'ufage & iouïHanoe des biens meubles d'icelle teftatrice, de quelque qualité, nature &. condition qu'ils foyent & qu'ils feront, tant en fadite grange que celle ou habite fon grangier audit lieu de Parcieu, & veult & entend icelle teftatrice que ledit Fortin légataire &.
1/2 TESTAMENT
les fiens fufdits puifTent incontinent aprez le decez de ladite tefiatrice prendre & appréhender la poirefTion & iouïfTance réelle & aftuelle des chofes ci-defTus léguées, fans recognoifTance 84 caufe de bénéfice d'inuentaire, ne aultre requifition : mais prohibe & deffend expreflement à fefdits héritiers & fuccefleurs aprez nommez & à tous aultres n'empefcher ledit Fortin & les fiens fufdits en ladite pofleffion & iouïfTance réelle & aftuelle defdites maifon & grange, en' l'eftat qu'elle fera hors dudit decez, &. tout ainfy qu'elle fe trouuera meublée &. garnie, &. fans que iceluy Fortin, comme ufufruiftier ou aultrement, foit tenu de prefler aucune caution, ne prefler & rendre aucun compte & reliquat defdits biens meubles, &. à ces fins venant le decez de ladite teflatrice, icelle teflatrice, pour le faiét dudit ufufruiél a transféré & tranfporte en la perfonne dudit Fortin &. des fiens fufdits, tous droits & propriété de poiTelTion pour le temps fufdit, &. au cas ou lefdits héritiers foubfnommez vinffent à troubler ou à empefcher ledit Fortin &. les fiens fufdits, en la iouïfTance aéluelle defdits biens léguez, ou qu'ils le voulfiffent contraindre à faire inuentaire, bailler caution, ou de les prendre par les mains defdits héritiers, en ce cas ladite teflatrice a reuoqué & reuoque l'inflitution d'héritier faite au proufit de fefdits héritiers aprez nommez : en ce cas a inftitué &. inflitue & nomme de fa propre bouche fes héritiers uniuerfels en tous fes biens, les pauures de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon : car telle eft la volonté d'iceile tefl;atrice. Item, donne & lègue à Ger-
DELOVIZELABE. 17}
main Borgne de Cahors, cordonnier habitant à Lyon, quatre afnees bled froment, bon, pur & marchand, lefquelles iuy veult eflre deliurees aprez fon decez. Item, ladite teflatrice a donné & légué & par droit d'inftitution à tous autres pretendans auoir droit fur fefdits biens, la fomme de 5 fols tournois, laquelle leur veult eftre payée, & à chacun d'eulx pour une fois, aprez le decez d'icelle teflatrice, & à ce les a faits ic inftituez par chacun d'eulx fes héritiers particuliers, fans pouuoir aultre chofe quereller ne demander fur fefdits biens. Item, ladite teflatrice a déclaré & déclare eflre débitrice des fommes fuiuantes, à fçauoir, à
M. lacques , apothicaire à la Grenette, de 8 liures ou
enuiron, à Benoifl Bertrand, en rue Salnerie, d'autres
8 liures pour vente de carrons, & prefl de ,
de 60 liures i fol pour refte d'une terre que modernement elle a acquife de Iuy, & finalement ladite teflatrice au refidu de tous & chacuns fefdits biens meubles & immeubles, prefents & aduenir quelconques, defquels elle n'a cy delTus difpofé ni ordonné, a fait, conflitué, créé &. nommé, & par ces prefentes fait, conftitue, crée &• nomme de fa propre bouche fes héritiers uniuerfels, à fçauoir, fes bien-aimez lacques Charlin dit Labé & ledit Pierre Charlin fon frère, nepueux de ladite teflatrice & enfants de feu François Charlin dit Labé fon frère, demeurans à Lyon, &. chacun d'eulx, par moitié & égale portion, & leurs enfants mafles, naturels & légitimes & de chacun d'eulx, & cas aduenant que fefdits nepueux héritiers fufdits ou leurs en-
174 TISTAMENT
fants mafles vinffent à deceder fans enfants mafles & légitimes, audit cas U iceluy âduenant, ladite teflatrice a fubftitué & fubftitue en tous fefdits biens, les filles defcendans du degré de fefdits héritiers, pour iouïr par elles des biens de ladite teftalrice, leur vie 8t de chacune d'elles durant, & aprez le decez de fefdits nepueux & héritiers, ou de leurs enfants mafles Si de leurfdites filles, au cas que fefdits nepueux ou leurs enfants mafles decedaffent fans enfants mafles, audit cas êi iceluy âduenant, ladite teftatrice a fubftitue St fubftitue en fefdits biens les pauures de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon, à la charge de payer & acquitter fes dettes, légats &. frais funéraires, de les accomplir fans aucune exception ne figure de procez, déclarant par exprez ladite teftatrice qu'elle n'a voulu ne entendu, mais a expreffement prohibé & deffendu, &. deffend par ces prefentes, tant à fefdits héritiers que fubftituez, l'aliénation de fes biens ou partie d'iceulx, & toute diftraétion de quarte trebellianique , parce qu'elle veult fefdits biens eftre conferuez en fa maifon &c famille, pour en défaut d'icelle paruenir auxdits pauures, en faueur defquels ladite prohibition a efté par elle faite. Ladite teftatrice a fait par ces prefentes exécuteur de ce prefent fon teftament ledit S' Thomas Fortin, auquel elle donne pouuoir êi puiflance de prendre de fefdits biens pour l'entier accompliiTement de cedit prefent fon teftament : priant & requérant ladite teftatrice les tefmoins aprez nommez d'eftre records de cette prefente ordonnance de dernière volonté, la
DE LOVIZE LABE. 175
tenir fecrette iufques à ce qu'il plaira à Dieu l'auoir appelée, &l aprez en porter bon tefmoignage en temps &. lieu : priant aufiy & requérant ledit notaire & tabellion royal de/Toubs figné de. la rédiger par efcript, la minuter & eftendre au long la fubftance de fait nous mefnie, & aprez en faire expédition à qui appartiendra, moyennant falaire compétent. Fait &. palTé à Lyon en la maifon d'habitation du S' Thomas Fortin, ladite teftatrice eftant au lit malade le fanjedi 38° iour d'apuril 1565: prefents Bernardo Rappoty, Antoine Panfy, florentin, Martin Preuoft, apothicaire, M" Claude Alamani, maiflre ez arts, Germain Vacque, cordonnier, Pierre Maiiquet, coufturier, Claude Paniffera, piedmontois, tous demeurans à Lyon, tefmoins appeliez St requis, laquelle teftatrice, enfemble lefdits Rappoty, Panfy, Alamani, Paniffera &. Preuoft ont figné, & non lefdits Maiiquet .&. Vaque, ne fçachant figner, deuement requis, fuiuant l'ordonnance.
-^Sfc^
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
EVVRES DE LOViZE LABÉ LIONNOIZE. A LionparJan de Tournes MDLV auec PriuiUge du Roy, p. in-S" 17J pp. plus un f. non chiffré, comprenant : Epitre dédicatoire — Deiat de Folie & d'Amour par Louïze Labé lyonnoize — Trois Elégies — Vingt-quatre sonnets. Au revers de la p. la) est écrit: Fia dei OEuures de Louise Laie lionnoi^e — Aus poètes de Louï^^e Lahe. Sonnet — EJcriz de diuers poètes à la louange de Louise Labé lyonnaise (24 pièces commençant par une ode grecque) — au revers de la p. 17) : indication de quatre « fautes à corriger en l'Impression » et cette mention : « Acheué d'imprimer ce 13 aouft MDLV. » — Le f. suivant non chiffré est occupé R., et V° par le privilège du Roy. — La prose est imprimée en caractères romains, et les vers en italiques.
EVVRES DE LOVÏZE LABÉ LIONNOIZE reuues et corrigées par ladite Dame. A LION PAR lAN DE TOURNES MOLVl. Auec priuilege du Roy. P. ia-S", 17) p. chiffrées. Les
BIBLIOGRAPHIE
pp. 174 et 175 non chiffrées contiennent le Priuilège. — Les quatre fautes indiquées au revers de la p. 17} de l'édition de 1555, sont corrigées à leur place et le privilège du roi occupe ce revers et le R" du f. suivant. Le fleuron au V" du f. 4 est plus riche et plus neuf que celui de l'édition précédente. Quelques bandeaux et une lettre ornée sont changés. — Les variantes sont indiquées dans nos. Notes et variantes.
EVVRES DE LOViZE LABÉ LI O N N O I ZE, à Lion jpflr lan de Tournes. MDLVI. Auec priuilège du Roy, p. in-i6, 88 f.
— Le volume est tout entier imprimé en caractères ronds mais le caractère des vers est plus petit que celui de la prose.
— L'ode grecque et le privilège du Roi font défaut.
EVVRES DE LOVIZE LABE LIONNOIZE DU DEBAT DE FOLIE ET D'aMOVR Çsic) à Eouen par lan Garou 1^56 in-i6. Imitation de l'édition de Jean de Tournes, avec la prose en romains et les vers en italiques.
OEUVRES DE LOUIZE CHARLY, LYONNAISE, DITE LABÉ SURNOMMÉE LA BELLE CoRDIÈRE. A Lyon, chez les frères Duplain libraires. MDCCLXII. Illustration de Nonote. — Réédition d'un exemplaire de 1556, possédé par M. de Fleurieu que l'on croit avoir tenu la plume pour la rédaction de la notice due à la collaboration de plusieurs savants Lyonnais. On a ajouté aux Escriz de divers poètes une ode de Pelletier du Mans.
EUVRES DE LOUIZELABÉLIONMOISE SURNOMMÉE LA Belle CoRDIÈRE. ^ Brest de l'imprimerie Michel. 1815. La notice est celle de l'édition de 1762. Les Escriz sont groupés suivant leur genre: Odes, Épitres, Sonnets etc.
EVVRES DE LOVIZE LABÉ LiONNOIZE, à Lion par Durand et Perrin. MDCCCXXIlll. In-S» LXX. 328 p. Notice non signée de Cochard; notes et glossaire de Breghot du Lut. Malgré sa tournure un peu vieillotte cette édition est encore ce
BIBLIOGRAPHIE. l8l
qu'on a fait de mieux jusi^u'à ce jour et les éditions suivantes n'en sont généralement que des réductions plus ou moins heureuses.
OEUVRES DE Louise Labé Lyonnaise. — Edition
puilie'e par L. Boitel. A Lyon chez les principaux libraires. — Paris, Techener, place du Louvre, MDCCCXLV. — Il a été fait plusieurs tirages de ce titre, avec variante à chaque tirage. — Notice insignifiante de F. Z. C. (CoUombet). Les "œuvres de Louise Labé sont publiées dans un autre ordre que celui qu'avait adopté Jean de Tournes, et avec une orthographe de fantaisie — On y a ajouté, pour la première fois, le testament de Louise Labé.
— Cette édition a le mérite d'avoir servi de prétexte à Ste-Beuve {Revue des Deux-Mondes, 15 mars 1845) pour « reparer, envers Louise Labé, un oubli, une légèreté involontaire, qu'un critique ami (M. Patin), dit-il, nous reprochait dernièrement avec grâce. »
EvvRES de Lovize Labé Lionnoize. mdcccl.
— Paris, imprimé par Simon Raçon et C''. In-S", 198 p. — Édition publiée par Cailhava et par J.-B. Monfalion, auteur de la notice biographique.
Œuvres de Lovize Labé. N. Scheuring, libraire-éditeur, Lyon. MDCCcLXII. — In-S" XIV 186 p. Notice anonyme attribuée à Allut. C'est à propos de cette édition que Sainte-Beuve (^Constitutionnel du a) février i86j) a refait son étude de 184; sur Louise Labé.
OEUVRES DE LOVIzE LABE. Paris, librairie Tross... MDCCCLXXl. In-8°. Cette édition est sans notes ni notice et semble avoir été faite uniquement pour employer de magnifiques caractères de civilité.
OEUVRES DE LOUISE L\BÈ publiées avec une étude et des notes par Prosper Blunchemain. Paris, librairie des bibliophiles, rue St-Iionoré 558. M UCCCLXXV, p. in-8°, XXXVI. 220 p.
«83 BIBLIOGRAPHIE
Parmi les éditions partielles des OEuvres de Louise Labé, il en est deux (jui méritent une mention particulière.
La première est intitulée : llifioire & amours pajloralUi de Daphnii & Chloe efcrite premièrement en grec par Longus & maintenant mife en français : enfemble un débat indiciel de Folie & d'amours, fait par Dame L. L. L. (Xouise Labé, Lyonnaise^ ; plus quelques vers français, le/quels ne font moins plaifans que récréatifs. P. M. D. R. poetevine (par Mlle des Roches, poitevine^. A Paris, chez lean Parent, rue St-Jacques, 1 578, auec priuilege. (l\ et 152/.3
Un exemplaire de cet ouvrage rarissime était inscrit sous le n" 168 dans la bibliothèque de Pont de Vesle. Il passa ensuite dans celle de M. de Soleione, qui le prêta à M. Breghot du Lut en 1825; puis il fit partie de la bibliothèque Coste. (n* 955) et enfin il figora à la vente Yéméniz (n° 223 a). L'épitre dédicatoire est signée I. P. P. (sans doute Jean Parent, parisien). La traduction du Longus est celle d'Amyot 1549.
A la suite du Deiat de Folie â d'Amour sont imprimées la Louange des eaux de Mlle des Roches et la pièce de Baif : Que faites-vous, mes compagnons etc., avec ce titre : D. L. L. à Jes amis, des gracieujetés pour elles receiïes.
L'autre édition partielle a pour titre : Sounet de Louvifo Labé e rimo a fa laufour revira doufrancès en prouvençau o de l'italian en francès, pèr A. de Gagnaud, Dans cet ouvrage (imprimé en 1O82 chez les frères Hamelin, de Montpellier), le sonnet italien de Louise Labé est traduit en français, et les sonnets VIII, IX, XIV et XXIV, ainsi qu'un fragment de la 111° élégie sont traduite dans la langue de MîVej//^. L'auteur, M. de Berluc-Pérussis, un fin ciseleur de sonnets, a mis à la suite de cette traduction, celle du sonnet d'Olivier de Magny Des beautés de D, L. L., du sonnet de Joséphin Soulary Louise Labé et du sonnet italien Qui dove in braccio. Cette curieuse publication s'ouvre par une préface en prose provençale et une dédicace en vers provençaux aux dames de Montpellier, et elle se termine par de\!x S' nnets fran-
BIBLIOGRAPHIE. lOJ
çaii sur Le Manoir de Clémence de Bourges et Let Jardins du Sacri-Caur, de Villeurbanne.
Voici la traduction en vieux français du sonnet italien de Louise Labé :
Ulysse ni personne mieulx prudente N'aurait predict que de ce doux aspect Tant plein de grâce et d'honneur et respect. Le mal naistroit qui mon âme tourmente.
De toy, Amour, ma poitrine innocente.
Où ton ardeur son logis avait faict.
Par ces beaux yeux feust percée d'un traict Sans garisan,fors qu'en toy je la sente,
Estrange sort, tel si le dard me poinct
D'un scorpion, et remède n'ay poinct
Si n'est le sien, qu'avecquet soy il parte.
Je le requiers de me bailler soûlas.
Mais n'esteignant désir qui me conforte. Lequel failli, tost sonnerait mon glas.
Pour mémoire il faut citer : Le Parnasse des Dames, 1775. ^^^ Œuvres choisies de Louise Labé y sont imprimées en beau langage. — Annales poétiques, 1778. Les poésies de Louise Labé se trouvent dans le tome. IV (notice de Sauterean de Marsy). — Les poètes français depuis le deuxième siècle jusqu'à Malherbe, 1824. — Louise Labé, t. I V.
Enfin, pour terminer cette bibliographie, voici un passage de l'Mmanach de Lyon, de 1790, p. )6. Il s'agit de la description du drapeau d'un des 38 bataillons de la garde nationale :