‹ Œuvres de Louise Labé (volume 2)Chapitre 18 sur 42 · BATAILLON BELLE CORDIÈRE · texte numérisé non relu

BATAILLON BELLE CORDIÈRE

K Louise Charly, femme d'un cordicr, fit, en i5;o, un poème sur la liberté. Sa beauté et sa science ont formé l'emblème suivant :

«La belle Cordière est vêtue simplement, assise sur un lion ; une

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guirlande de fleurs lui descend de l'épaule gauche au côté droit; de la main droite elle titnt une pique entrelassée de lis, et surmontée du chapeau de GUILLAUME Tell, restaurateur de la liberté Helvétique ; à ladite pique est encore adapté un ruban sur lequel est cette légende :

Tu prédis nos destins, Charly, belle Cordiert, Car pour briser nos fers tu volas la première.

« De l'autre côté du ruban est gravé :

Belle Cordière, ton espoir n'était pas vain.

«Au chapeau de Guillaume Tell est le panache aux trois couleurs. De la main gauche, Louise Labé tient son poème sur la liberté Françoise, qui est appuyé sur un globe terrestre. Le lion tient sous une de ses pattes le livre de la Constitution ; à côté est l'autel de la patrie, où brûle le feu du patriotisme; d'un côté est une plante d'olivier, signe de la paix, et de l'autre une de laurier, signe de la gloire ; des livres en désordre sont à ses pieds, qui désignent sa science. »

Inutile de dire que seuls parmi les bibliophiles, les gardes nationaux de 1790 ont eu connaissance de ce poème sur la liberté, composé en 1550 par la Belle Cordière.

Les derniers éditeurs ont cru pouvoir ajouter aux oeuvres de Louise Labé un sonnet qui figure en tète des Amours d'Olivier de Magny, quatorze vers sur le tombeau d'Hugues Salel attribués à Castianire, la bien-aimée du poète quercinois, etun sonnet d'une écriture du xvi" siècle, trouvé sur les gardes d'un Nicandre (Paris, G. Morel, 1557) et portant en titre : Sonnet de la Belle C... L'attribution de ces trois morceaux — fort peu remarquables du reste — à Louise Labé n'ayant paru nullement justifiée, on n'a cru devoir ni les ajouter au texte, ni même les reproduire ici.

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P. }, I. 1. — A. M. C. D. B. t. C'est-à-dire, comme nous l'apprend un contemporain, A M"* Clémence De Bourget Lyonnoije. L'édition de 1^55 indique seulement A. M. C. D. B. — On trouvera dans le second volume des renseignements détailles sur la famille de Bourges.

P. j, I. 15. — Var. : AT* nous fourra efirt oie'. 1 5 ) ; : Nt nous aura pat otè.

P. 4, I. I. — Var.: Forçt d'ennemis.

155$ : Par ennemis.

P. 4, I. 2. — Var. : Si c'eujfe tfié. 1 555 : Car ayant efié.

P. 4, I. 5. — Var.: Flus d'exemple.

1 5 5 5 : Tant d'exemple.

P, 4, I. ai. — Var. : Ils n'ayent honte voir précéder celles dejquelles ils...

1555: /// n'ayent honte voir précéder Us Dames fur lesquelles ils...

P. 4, I. a). — Var. ; Pource, nous faut il animer l'une l'autre à si louable entreprife : De laquelle ne derez eflongner ni efpargner. 1555 : Pource, nous faifons armer l'une l'autre a Jt louable entreprife pour laquelle ne devez efloigner ni diflraire.

P. 4, I. a$. — Var. : De plujîeurs & diverfes grâces. 1555: De plufîeurs & diverfes idées.

P. 5, 1. 13. — Var. ; Si ne nous peut il remettre en telle difpo- Jtcion... etc.

1555 : Si ne nous voulons remettre en telle difpo- Jicion que ja nous efiions : & quelque imaginacion qui vienne nous imprimions - en la tejle, Ji ne fajfons nous bien que

ce n'est qu'une imaginacion...

P. g, 1. 8. — Atacher à moy, attaquer à moy.

P. 10, 1. II. — Vendre tes coquilles, allusion à la vente de coquillages que faisaient le» pèlerins à leur retour des lieux saints.

P. II, 1. 17. — En route, en déroute.

P. }4, I. I). — Apollon cite la Bible. Daos sa re'plique, Mercure fera de même.

P. 3 5, I. 4. — Animant, un être anime. La nuance qui existait alors entre animants et animaux est aujourd'hui perdue.

P. j 5, l. 7. — Var. : « de tout ayme.

P. 41, 1. 16. — Se couchant en chapon le morceau au bec, de très bonne heure et au dernier morceau.

P. 4a, I. 17. — Les éditions originales portent cette leçon; il semblerait plus naturel d'écrire: « On panse un malade. »

P. 44, 1. I). — Dans les éditions originales on trouve ils contregardent, qui est une faute d'impression; il faut: elles contregardent,

P. 5a, I. 19. — L'amitié de Vénus et de Mercure était célèbre dans l'antiquité ; plusieurs temples leur ont été dédiés en commun.

P. 5j, I. 14. — Il y avait dans le forum une statue d'Apollon.

P. 55, I. 4. — La plus petite des deux éditions de Jean de Tournes 1556, contient en cet endroit une faute typographique: « Il ne s'en eft rais en fon plein deuoir. »

P. Î5i 1. 14. — La Folie, comme déesse, était inconnue dans l'Olympe des anciens. C'est Érasme, dans son Encomium Morioe, qui nous la représente comme une fille de la Jeunesse; encore Érasme — qui, du reste, a écrit plutôt la satire des fous que l'éloge de la Folie — est loin de nous en faire une personne vivante semblable à celle que nous voyons parler et agir dans l'œuvre de Louise Labé.

P. <fj, 1. 20. — Ce très curieux passage du Débat, consacré aux Rois et aux Grands, a pu tomber sous les yeux d'un garde national lettré de 1790 — une édition des œuvres de Louise Labé ayant été publiée à Lyon en 176a — et la légende d'un poème « SUT la liberté », écrit par la Belle Cordiére, trouverait peut-être là un commencement d'explication. (Voyez, dans leprésent volume, le chap. Bibliographie, page i8).)

P. 58, l. 2} et seq. — Chrysippe mourut k 7) ans, l'an 207 avant J.-C., dans de» circonstances bi/.arres et diversement rapportées, laissant, d'après Diogène Laérce, jii traités de dialectique et même 705 d'après d'aatres auteurs. Ce détail explique la question que pose Mercure. ^

— Saint Justin et saint Grégoire de Naïianze donnent cette version de la mort d'Aristote, mais d'autres disent qu'il s'empoisonna et d'autres encore qu'il mourut d'une colique.

— Le Craie dont il est ici question est sans doute Cratés, le philosophe, a qui Diogène persuada de jeter son trésor à la mer, et non Polycrate, le tyran de Samos, comme on l'a dit dernièrement.

P. 59, I. 7. — La Belle Cordière, qui avait dû « s'eflever par deflus la quenouille et le fuseau,» s'était élevée aussi par dessus les préjugés astrologiques si enracinés de son temps. Les astrologues du XVl' siècle étaient même d'une force étonnante sur certaines choses; ainsi ils avaient trouve, dit Brantôme gravement, que la reine de Navarre avait été conçue e< dix heures avant midy et dix-sept minutes le 11 de juillet, » et son frère, François I'"', « le 10 de décembre à dix heures du matin. »

P. 6}, I. 28. — On avait retrouvé, en 1528, des tables de bronze reproduisant une partie du discours dans lequel l'empereur Claude, né à Lyon, avait annoncé qu'il accordait aux trois provinces de la Gaule chevelue le droit de cité. Le nom de l'empereur était dans toutes les bouches savantes du temps, ce qui explique peut-être comment en cette circonstance Louise Labé confond Claude avec Caligula.

La popularité de Claude subsiste toujours à Lyon d'une façon inconsciente. Il n'y a pas de pays où l'on trouve aussi fréquemment le prénom de Claude, Claudius, Claudine, ou Claudia.

P. 64, in-fine. — C'est à ce passage que Pierre de Saint- Julien fait une perfide allusion dans ses Gemellet ou Pareilles. (Voit aux Annexes de notre second volume.)

P. 71, I. 27. — Leurs occupations « muliehres. » — Rele-

vons cette expression franco-latine pour constater combien elles sont extrêmement rares dans les oeuvres de la Belle Cordière et combien elle a peu donné, malgré l'exemple de la majeure partie de ses contemporains, dans le travers ridiculisé par Rabelais.

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