ELEGIES
P. 81, V. I. — C'est-à-dire la lyre de Sapho, née dans l'ile de Lesbos.
P. 81, V. 20. — Confommer. Longtemps après Louise Labé, on a encore employé consommer dans le sens actuel de consumer.
P. 8}, V. 17. — Efiranger, rendre étranger, rendre différent; de même qu'ailleurs (page 35, lig. 7), on a lu : «Au plus eftrange, » c'est-à-dire à l'être qui serait le plus étranger, le plus indifférent.
P. 85, V. II. — Le Pau cornu. Cette orthographe du Pô, Fadus, serait plus logique. Quant à l'épithète de cornu, elle, est classique. (Voir Virgile et Ovide.)
F. 86, V. 16. — C'est-à-dire depuis deux mois, depuis deux pleines lunes.
P. 86, V. îg. — Calpe & Pyrenee : l'Espagne; Calpe est l'ancien nom de la pointe de Gibraltar.
P. 87, V. 28. — Les éditions originales portent : « Mourant d'une Amour. Lequel... »
P. 89, v. 25. — Celle-là : Arachné...
P. 94, V. 14. — Ce sonnet, dont les deux quatrains sont identiques à ceux du LV des Soupirs d'Olivier de Magny (pa-
IÇa NOTES ET VARIANTES.
rus en 1557), offre une particularité très curieuse. On la reconnaîtra aisément en remarquant la place occupée par la lettre O. Voici le sonnet imprimé dans les oeuvres de Magny:
O beaux yeux Iruns, o regards deflourne^, O chauds foupirs, o larmes efpandues, O noires nuits vainement attendues, O iours lui/ans vainement retournez;
O trifies plaints, o dejirs ohfiine^, O temps perdu, o peines de/pendues, O mille morts en mille rets tendues, O pires maux contre moy defline^,;
O pas efpars, o trop ardente flamme, O douce erreur, o penfers de mon âme.
Qui çà, qui là, me tourne^ nuit & iour }
O vous mes yeux, non plus yeux, mais fontaines, O Dieux, o deux, o perfonnes humaines.
Soyez, poi"' Dieu, te/moins de mon amour!
Un pari avait dû s'engager pour continuer le sonnet de Louise Labé en conservant dans les tercets une place déterminée à un certain nombre d'o.
P. 94, V. aj. — A remarquer le bizarre enlacement des rimes des tercets du m» sonnet.
P. 110, V. 4. — Quelques éditions portent v?/ manis Euan. C'est évidemment une faute d'impression.
Cette ode a pour auteur A. Fumée. (Voir ci-après VOde en faucuT de D. Louïze Lahe à fan bon Jîgneur.)
Dans les Epigrammata, de Théodore de Bèze (Lyon, I5S5)> °° trouve aussi (page log) une pièce latine intitulée In hajîum Candidat.
P. t II, I. 22. — La devise Nonjï non la, qui sert de signature i. ce ténébreux sonnet, se retrouve au bas du premier et du dernier sonnet du Microcofme de Maurice Scève. (Lyon, Jean de Tournes, 1562)
P. 112, 1. 16. — On retrouve ce sonnet avec une variante au dernier tercet:
Ah, comme ardroit mon coeur réduit en cendre!
dans le livre III des Erreurs amoureufes de Pcntus de Tyard, sonnet XII.
P. II}, V. 16 — Belle à Joy était l'anagramme de Loyje Labe.
P. 114, 1. 4. — Cette devise a été employée pour Claude de Taiilemont, notamment dans sa Tricarite, où il l'orthograpliie : Devoer de yoer.
P. 114, I. ç. — Voir sur le titre de ce sonnet et sur sa signature les deux notes qui précédent.
P. I r6, I. II. — Ces vers me paraissent être de Jean de Vauzelles, prieur de Montrotier et curé de Saint-Romain. Il signait habituellement D'un vray z^le; mais il usait et abusait du jeu de mot auquel son nom pouvait prêter. Le style amphigourique et ascétique du morceau rentre dans la manière ordinaire du prieur; de plus, son premier quatrain est imité d'un quatrain de Pétrarque, et presque tous les ouvrages de Jean de Vauzelles sont des traductions ou des imitations italiennes.
P. 116, I. 12.^ J'ai communiqué les vers italiens qui se trouvent dans les Ecrits de divers poètes à M. le commandeur Conti, professeur à l'Université de Florence, et à M. le commandeur
Guasti, surintendant des Archives, qui ont bien voulu me faire
part de quelques remarques.
Les sonnets, dont l'auteur est inconnu, sont d'un poète toscan
et dans le bon style du xv* siècle. Les épigrammes semblent
avoir été composées pour être mises en musique; elles sont d'une V I autre main et d'un style plus moderne. Les sonnets pourraient \ '■ 1>ien être de Luigi Alamanni.
P. 119, I. I. — C'est sans aucune raison valable qu'on attribue généralement ces Ejireiiies à Marot.
Marot est cité parmi les poètes qui ont chanté Louise Labé, mais dans ses œuvres complètes, où cependant il est fait mention de plusieurs lyonnaises, on ne rencontre rien à l'adresse de b Belle Cordiére. Il faudrait vraiment une bonne volonté extraordinaire pour reconnaître la fille du cordier de Lyon dans une Louise dont le poète dit :
Cefi le doulx feu dont mon âme cji eprife, C'efl de mes vers le droià but limiti. llaulfez la donc en toute extrémité.
Car bien prije me fens <[uand on la prife...
Ces vers, adressés à deux jeunes Lyonnais, Antoine Du Moulin et Claude Calland, ne se trouvent pas dans l'édition de Marot faite par Juste en i ^)g, après le dernier voyage du poète à Lyon ; on les lit pour la première fois dans l'édition de Dolet en 1545, f. 215.
P. 120, I. I. — Cette Epitre se retrouve avec quelques légères variantes aux feuillets 69 et suivants des Quatre Livres de l'amour de Francine, publiés par Baif, à Paris, chez Wechel, en 1555, l'année même de l'apparition des œuvres de Louise Labé, à Lyon, che'« Jean de Tournes.
P. 124, I. 4. — Ce sonnet est le XXXir des Soupirs d'Olivier de Magny, publiés en 15^7.
P. 125, I. I. — Vers de Baif dans le iri' livre des Amours de Francine (f. 75 et suivants de l'édition de 1555, chez Wechel).
P. 128, 1. I. — Cette ode, au «docte et gentil Fumée,» se retrouve en deux parties dans le volume des Odes d'Olivier de Magny, qui fut publié en 1^59 et qui contient une pièce si injurieuse pour le mari de Louise Labé.
Les 22 premières strophes y figurent sous ce titre: A Anthoine Fumée, grand Rapporteur de France, et les six dernières sous celui-ci: Ode du Temps & de VOccaJton préjentée enyne mommerie à Monjîeur d'Auanfon.
P. Jji, V. a8. — Galons de lait. Cette bizarre expression, qu'on retrouve dans Ronsard (XL" sonnet du premier livre des Amours), signifie, dit-on, èminence couverte de gazon, d'où éminence en général, et par comparaison le sein de la femme.
P. 155, I. I. — On ne retrouve pas cette ode dans les œuvres de Maurice Scève; mais, si elle n'est pas de lui, elle est certainement d'un de ses élèves !
P. 157,1. 4. — Ces initiales désignent sans doute Anthoine Fumée, Rapporteur de France, dont il est parlé dans VOde d'OIirier de Magny et qui serait l'auteur des strophes De Aloyjta Lahaa Ofculis. D'après les trois derniers vers, il faudrait voir dans ce Fumée un des plus anciens amis de la Cordière et l'un des plus constants, puisqu'OIivier de Magny (0(fï p. i«q) l'appelle encore fon Ion Signeur.
P. 138, 1. I. — Traduction d'une pièce de Jérôme Angerianus, à qui Louise Labé a emprunté une comparaison :
Le tems met fin aux hautes Pyramides, etc.
(Voir Michaol Tarch. Marullus, Hieron. Angerianus et Jcannes SecondttS, poet« elegantifîimi. Spiras Nometum, i^g^. Pages 321 et 227.)
P. 145. V. 22. — ...fils de Clymene : Promethée.
P. 144, V. ig. — .. roy de Corcyre : Alcinoùs.
P. 145, v. 25-28. — C'est pour les besoins de l'antithèse (l'oli-
vier et le laurier) que le poète fait croître l'arbre d'Athènes sous le climat de Lyon.
P. 146, V. 5. — Cyparîsse, ami d'Apollon, changé en cyprès.
P. 149, V. ). — La forte Tritonienni : Minerve, fille de Jupiter, né et adoré dans l'île de Crète (plus tard Candie).
P. 149, V. 5. — ... la vierge Ortygienne : Diane, adorée dans l'île d'Orthygie, près Syracuse.
P. 150, V. 89. — ... la Cyprienne : Vénus, née près de Chypre.
P. 1^3, V. 16. — ... Roy de Behrice : Amycus, roi des Bébryciens établis en Bithynie, fut tué par les Argonautes.
P. 154, V. a. — Gradiuc : surnom de Mars.
P. 154, V. 9. — On voit par la note placée en marge dans Its éditions originales que, du temps de Louise Labé, les étymologistes faisaiont venir Fourvière, Forvière ou Foruière, de Forum Veneris. Cette opinion est aujourdhni assez généralement abandonnée! mais celle de Forum vêtus, qui rallie plusieurs archéologues, ne vaut pas mieux et peut aller rejoindre les deux autres qu'on a hasardées, Forum Vert et Forum Boarium. Je ne me permettrai pas d'intervenir dans cette question pour l'embarrasser d'une opinion toute personnelle, et je me bornerai à exhumer l'avis, bien oublié, émis par le P. Monet (jésuite, né à Bonneville en 1566, mort à Lyon le 3 1 mars 1643).
Il n'est plus guère permis de douter, que Lyon, Lugudunum, signifie montagne des corbeaux, et la longue discussion au cours de laquelle on a versé des flots d'encre à Lyon, et même ailleurs, paraît close sur ce point. Le P. Monet, qui avait adopté l'étymologie de « montagne des corbeaux, « indiquée par le Clitophon du pseudo -Plutarque, prétendait que ForviVrf était simplement une corruption de Corvière, traduction française de Lugudunum,
P. 160, v. 17. — La couple Cynthienne 1 Diane et Apollon.
Page 161, vers 8. — La harpe Methimnoije : la harpe d'Arion de Methymne.