‹ Œuvres de Louise Labé (volume 2)Chapitre 30 sur 42 · A SIRE AYMON · texte numérisé non relu

A SIRE AYMON

Si je voulais par quelque effort Pourchasser la perte, ou la mort Du sire Aymon, et j'eusse envyc Que sa femme luy fut ravie,

Ou qu'il entrait en quelque ennuy Je serais ingrat envers luy.

Car alors que je m'en vois veoir Ld beaulte qui d'un doux pouvoir Le cueur si doucement me brulle, Le bon sire Aymon se reculle.

Trop plus ententif au long tour De ses cordes, qu'à mon amour.

Ores donq' il fault que son heur.

Et sa constance et son honneur Sur mon luth vivement j'accorde, Pinsetant l'argentine corde Du lue de madame parfaict.

Non celle que son mary faict.

Cet Aymon de qui quatre fl^, Eurent tant de gloire jadis, N'eust en sa fortune ancienne Fortune qui semble à la tienne.

Sire Aymon, car sans ses enfans H n'eust poinct surmonté les ans.

Mais toy sans en avoir onq'eu.

As en vivant si bien vaincu L'effort de ce Faucheur avare.

Que quand ta mémoire si rare Entre les hommes périra.

Le Soleil plus ne reluira,

O combien je t'estime heureux ,' Qui vois les trésors plantureux.

De ton espou^e ma maistresse.

Qui vois l'or de sa blonde tresse.

Et les attraictz délicieux Qu'Amour descoche de ses yeux.

Qui vois quand tu veulx ces sourci^, Sourciz en hebcine noirci^.

Qui vois les beaulte^ de sa face.

Qui vois et contemples sa grâce.

Qiji la voit si souvent taler.

Et qui l'ois si souvent parler.

Et qui vois si souvent encor.

Entre ces ferles et cet or.

Un ruhis qui luyt en sa bouche.

Pour adoucir le plus farouche.

Mais un ruiiz qui sçait trop bien

La rendre à soy sans estre sien.

Ce n'est des rubiz qu'un marchant

Avare aux Indes va cerchant.

Mais un rubiz qu'elle décore.

Plus que le ruiij ne l'honnore.

Fuyant ingrat à sa heaulté

Les apastz de sa privaulte.

Heureux encor qui sans nul soin

Luy vois les armes dans le poing.

Et brandir d'une force adextre.

Ores a gauche, ores à dextre.

Les piques et les braquemars

En faisant honte au mesme Mars.

Miis pour bien ta gloire chanter

Je ne sçay que je doys vanter

Ou ton heur en telle abondance.

Ou la grandeur de ta constance.

Qui franc de ses beaulte^jouyr

N'as que l'heur de t'en resjouyr.

Tu peulx bien cent fois en un jour

Veoir ceste bouche où niche amour,

Mais de fleurer jamais l'aleine.

Et t'ambre gris dont elle est pleine

Allèche de sa douce voix.

En un an ce n'est qu'une fois.

Tu peulx bien cent fois en un Jour

Veoir ceste cuyssefaicte au tour.

Tu peux bien veoir encor ce ventre.

Et ce petit amoureux antre

Ou Venus cache son irandon.

Mais tu n'as point d'autre guerdon.

Puisses tu veoir souvent ainsi Les beaulte^ et grâces aussi Soit de son corps, soit de sa face, Et puisse-je prendre en ta place Les doux plaisirs et les eshatz Qu'on prend aux amoureux comhat^.

Et tousjours en toute saison.

Puisses tu veoir en ta maison Maint et maint brave capitaine.

Que sa beaulté chez toy ameine.

Et tousjours, sire Aymon, y veoir Maint et maint homme de sçavoir.

Et lors qu'avec ton tablier gras Et ta quenoille entre les bras Au bruict de ton tour tu t'esgayes.

Puisse elle tousîours de mes playes.

Que fay pour elle dans le cueur.

Apaiser la douce langueur.

GRATULATio ad venerabilem preshyterum iominum Gabrielum de Saconay,prcecentorem ecclesiœ lugâunensis, de pulchra et eUganti Prcefatione quam libro Régis Angliœ inscripsit. mdlxli. P. 4J3, (Voir

Joannis Calvini. Tractatus theologici omnes, in unum yolumen certis classibus congesti... In Bibliopolio Commeliniano.)

a ... Qua etiam fiducia transsubstantiationem securè ac plenis buccis asserere audeas, nescio, nisi forte quia tibi peraeque facilis videtur transmutatio panis in corpus, ac metamorphosis mulieris in virum. Hoc enim suavitatis génère convivas tuos oblectas, dum mulieres viriii habitu ad mensam inducis. Hune ludum quam ssepè tibi preebuit plebeia naeretrix, quam partim à propria venustate, partim ab opificio mariti, Bellam corderiam vocabant, »

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