Voyez page 1 10, sonnet II
2. « Plusieurs femmes, pour plaire à leurs poètes amis, ont changé leurs paniers et coutures en plumes et livres. » (Débat de Folie et d'Amour^ page 85, lignes i et suivantes.)
SUR LOUISE LABÉ
accents pour pleurer son absence. C'est bien Olivier qu'elle regrette, c'est bien lui qu'elle appelle, lorsqu'elle s'écrie :
Cruel ! cruel ! qui te faisoit promettre Ton brief retour en ta première lettre ? *
Le laurier dont elle couronne son amant est mieux encore celui de la poésie que celui de la guerre :
Quand j'aperçoy ton blond chef couronné
D'un laurier verd faire un luth si bien plaindre,
Que tu pourrois à te suivre contraindre
Arbres et rocs, quand je te vois orné
Et de vertus dix mille environné,
Au chef d'honneur plus haut que nul atteindre,
Et des plus hauts les louanges esteindre... *
Non! ce n'est pas un soldat qu'elle représente sous les traits d'Orphée; c'est Olivier que son cœur accompagne au bord de ce rivage du Pau cornu, lui qu'elle craint de savoir malade :
Tu es peut-estre, en chemin inconnu, Outre ton gré malade retenu? ^
Il revient enfin celui qu'elle appelait si ardemment :
Tu es tout seul et mon mal et mon bien : Avec toy tout et sans toy je n'ay rien.*
Il revient, il apparaît, et soudain leurs deux âmes