‹ Œuvres de Louise Labé (volume 3)Chapitre 5 sur 33 · I. Page 105, ligne · texte numérisé non relu

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ÉTUDE

comme celles d'aujourd'hui, n'étaient pas fâchées de dissimuler leur âge autant qu'il leur était possible.

Elle était fille de Pierre Charlin, Charly ou Charlieu, dit Labé, et vraisemblablement de sa seconde femme, car il fut marié trois fois \ On croit qu'il exerçait la profession de cordier; mais, ce qui est positif, c'est qu'il sut faire fortune et qu'il était propriétaire de deux maisons à Lyon. Ces faits ont été consignés par Pernetti, dans ses Recherches pour servir à l'histoire de

I. Pierre Charly mourut en 1^52, laissant trois fils : Barthélémy, François et Mathieu, et au moins une fille, qui est Louise. Il était alors marié, en tierces noces, avec Anthoinette Taillard. Il avait épousé en secondes noces, Estiennette Roybet, alias Deschamps, alias Compagnon, qui mourut avant 1524, de laquelle il avait eu François et Mathieu. Il était marié, dès 1493, avec la veuve de son voisin, Jacques Humbert, dit Labé, cordier comme lui, rue de l'Arbre-Sec. Le surnom de Labé serait donc venu de cette première femme, à Pierre Charly et à ses enfants.

M. C. Brouchoud, de qui je tiens ces informations, est porté à croire que Louise serait issue du premier mariage de son père, et par conséquent beaucoup plus âgée que je ne le pense. Mon ami Charles Livet, qui a bien voulu relire cette notice, est aussi du même avis, s'appuyant en outre sur ce fait que, dans les membres de la famille, un seul figure parmi les héritiers testamentaires de Louise: c'est François Charly, dans la personne de ses enfants ou petits -enfants. Or, François était fils de la première femme. Pourquoi Louise l'aurait-elle préféré à ses frères utérins ?

Toutes ces raisons ne manquent pas de solidité; cependant, l'indication qui résulte de sa 111^ Éîégie, combinée avec la date du siège de Perpignan, est trop précise pour qu'on puisse reporter la naissance de Louise de beaucoup au delà de M2 5 . Elle aurait donc pour mère Estiennette Roybet, morte peu après l'avoir mise au monde, et serait née en 1523 ou 1 524. — Si elle était née postérieurement à 152^, elle aurait eu pour mère Antoinette, fille du maître boucher Jehan Taillard.

su R LOUISE LABÉ.

L)on *, d'après des pièces qui existaient alors aux archives de l'Archevêché.

Louise naquit admirablement douée par la nature, et l'éducation qu elle reçut développa ces germes précieux. Tous ses biographes s'accordent sur ce point qu'elle était savante, parlait plusieurs langues, excellait dans les ouvrages de femmes, jouait admirablement du luth et chantait à ravir. — Dans quel but joignit-on à ces talents les exercices de l'équitation et des armes? Pourquoi Tenvoya-t-on figurer, en 1542, au siège de Perpignan, sous les yeux du dauphin , revêtue d'une armure, montant un cheval fougueux, et portant le nom de Capitaine Loys? On a dit, pour justifier sa présence au camp, que son père ou ses frères y remplissaient quelque fonction *. Ne serait-on pas plutôt en droit de supposer que Louise, ayant été remarquée pour sa beauté par Henri, lors de son passage à Lyon, les siens auraient voulu, dans un but facile à comprendre, attirer sur elle autre chose que les regards du jeune et galant prince? Cette équipée semi-guerrière, semi-amoureuse, à la suite d une éducation en dehors des habitudes bourgeoises d'alors, expliquerait le genre de vie oij se trouva désormais engagée l'héroïne de Perpignan. C'est à cette époque qu'elle place elle-même son premier amour; et cette passion, vite effacée, pourrait bien n'avoir pas eu d'autre objet que le beau et brillant dauphin, qui fut depuis le roi Henri H. Cependant le siège de Perpi-

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