Lyon, 1757, 2 vol. in
2. Voyez Sainte-Beuve, dont V Étude sur Louise Labé est assez singulièrement classée parmi les portraits contemporains (Paris, M. Lévy, 1871, in-i8), au commencement du tome V.
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gnan se termina par un échec, et la retraite de l'armée, en éloignant le jeune prince, réduisit à néant les pians d'ambition, s'ils avaient réellement existé.
Cette jeune imagination, trop émue, trop surexcitée, ne pouvait être calmée que par le mariage et l'on choisit naturellement un époux sage et prudent, un riche bourgeois de Lyon, d'une vingtaine d'années plus âgé que Louise. Ennemond Perrin c'était son nom, fabricant de câbles ou marchand cordier, demeurait dans une propriété à lui appartenant; elle formait l'angle sudest de la rue Notre-Dame de Confort et d'une petite ruelle conduisant vers Bellecour, près du point où se trouvait alors le confluent de la Saône et du Rhône. Les deux époux possédaient encore, entre autres immeubles, un domaine à Parcieu, dans la Dombe, où Louise aimait à passer la belle saison, et oii elle vécut retirée pendant les dernières années de sa vie.
Déjà commençait à se grouper autour d'elle cette cour de poètes, d'artistes, de savants même, qui composèrent et enrichirent tour à tour, pendant plusieurs années, le bouquet poétique imprimé plus tard avec ses œuvres. Elle avait forme chez elle une bibliothèque ou, comme on disait alors, une librairie de beaux et remar-
1 . On ignore au juste l'époque oh Louise se maria ; mais elle était mariée avant i^^i, puisqu'à cette époque elle comparaissait, avec son mari, par-devant M*^ Etienne Noyer, notaire, relativement à une acquisition de terrain antérieurement faite en communauté.
(Note de M. Brouchoud.)
2. Serait-il de la famille des habiles imprimeurs lyonnais, qui nous donnent aujourd'hui des éditions dignes de leurs prédécesseurs du XVie siècle?
SUR LOUISE LABÉ
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quables volumes \ Ce fut là que les personnes les plus lettrées de la ville prirent insensiblement l'habitude de se réunir, pour y faire assaut d'esprit et de savoir, échanger leurs idées et se retremper dans des conférences oia la musique alternait avec la littérature, assemblées dont la maîtresse du logis était l'âme et la reine adulée.
Le ciel clément de la France méridionale permettait le plus souvent que ces agapes eussent lieu en plein air, dans un parterre à compartiments de buis et de fleurs, embelli de pelouses arrosées par une fontaine vive, entouré de treillis et de charmilles bien taillées, qui en faisaient un lieu de délices. C'était le jardin d'Académus transplanté d'Athènes à Lyon. J'ajouterai un détail que nous a conservé un poëte contemporain : le dessin des plates-bandes y formait le chiffre et la devise de Henri II, ce qui peut confirmer jusqu'à un certain point nos conjectures sur le rôle de Louise au siège de Perpignan
Vers le milieu du XVI® siècle, une pléiade de dames remarquables brillait dans la ville de Lyon. C'était Jeanne Gaillard, chantée par Marot ; Pernette du Guillet,
1. Une circonstance fâcheuse nous prive de renseignements sur son installation, et sur les livres qui formaient sa bibliothèque. Par son testament, elle avait dispensé Tomazzo Fortini, le légataire de ses meubles, de faire un inventaire. Fortini étant retourné, en 1570, à Florence, sa patrie, peut-être y retrouverait-on encore quelques livres ou objets précieux ayant appartenu à Louise Labé.?
{Note de M. Brouchoud.)
2. Voyez page 171, la 13e stance des Louanges de Dame Louise Labé.
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Jacqueline Stuart, fameuse par son esprit et sa beauté; Claudine, Sybille et Jeanne Sève, proches parentes du poëte, poétesses elles-mêmes et d'une érudition peu commune; la belle Jeanne Creste, dont les vers ont été l'objet des plus grands éloges; c'était enfin cette intéressante Clémence de Bourges, a la perle des demoiselles lyonnaises », dit Monfalcon dans la notice dont lia enrichi l'édition de 1853, « belle comme Louise, poëte comme elle, et dont le talent sur l'épinette était si renommé que Henri II et Catherine de Médicis voulurent le connaître. »
La plupart de ces femmes distinguées, sinon toutes, parurent aux fêtes où la Belle Cordière les attirait par l'éclat et le charme du plaisir. Clémence de Bourges y fut assurément une des plus assidues et des mieux aimées de Louise, puisque celle-ci lui a dédié ses vers.
L'abbé Irailh, dans ses Querelles littéraires *, a raconté que les deux amies se brouillèrent pour un amant que Louise aurait enlevé à Clémence ; mais cette historiette n'a pas la moindre vraisemblance, car M^^^ de Bourges était fiancée au jeune du Peyrat, qui fut tué, le 30 septembre 1562. devant la ville de Beaurepaire, défendue par le baron des Adrets, au début des guerres de religion; et la jeune Clémence, ne voulant pas être consolée, mourut de sa douleur ^.
Il est certain que la famille de Bourges, une des plus honorables de Lyon, eût repoussé toute intimité entre