‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 132 sur 180 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

avait conçu la grande pensée d'un Médiateur, où plutôt il avait qompris que Platon lavait puisée dans les traditions générales du genre humain. Virgile lui avait fait sentir, chez les païens, l'attente d'un siècle nouveau, et les espérances du genre humain tout entier, espérances que Dieu voulut disperser parmi tous les peuples de la terre. Il n'avait qu'une pensée de plus à acquérir, qu'un sentiment intime à écouter, pour savoir que le sang sacré dont furent arrosés les sommets du Golgotha avait aboli

la loi du salut par le sang, que la grande rançon

du genre humain avait été acquittée. Oui, le sacrifice non sanglant, fondé par le christianisme^ affirme chaque jour que le sacrifice sanglant doit incessamment être aboli parmi les nations chrétiennes. Il a dit, l'apôtre du passé, que l'échafaud est un autel élevé sur les places publiques. Cela fiit vrai avant la promulgation de la loi de clémence et de grâce ; cela est encore vrai ^ tant que cette loi n'aura pas reçu son accomplissement tout entier^ tant que la peine de mort n'aura pas été abolie par toutes les nations chrétiennes ; <;ela est epcore vrai , disons-nous , mais plutôt n'est-ce point déjà une horrible impiété? Expliquons-nous.

La peine de mort n'est que le droit.de défense naturelle, transporté de l'individu à la société. U ne s agit donc point de discuter le droit , mais la

nécessité. Si la peine de mort est nécessaire , elle est licite. Ajoutons seulement que cette question étant maintenant discutée, il Êiut quelle soit décidée dans un sens ou dans lautre; elle ne peut rester suspendue ; lautorité des siècles et des peujdes n est plus rien en cela ; on ne peut rétablir la sécurité de la conviction , et même s'il était possible delà rétablir, il ne faudrait pas le faire, car ce serait un crime; on ne prescrit point contre rhumanité^ et sur -tout on ne se joue pas de ses saintes lois. Ne cessons jamais de penser que la société est progressive, et qu il y a quelque chose de successif dans les révélations de Dieu, et dans les révélations de Tesprit humain.

Encore est4l vrai de dire que Fantiqnité ne. serait pas unanime, si elle était consultée sur la peine de mort. I^a loi qui , hors le cas de discipline militaire, exemptait un citoyen romain de la peine de mort, est bien unq loi d'immunité et de privilège, OHxime on Ta dit souvent, et non une loi d'humanité; mais ce n'est qu'en apparence. En effet, dans la réalité, et en creusant au fond, la loi romaine étant faite pour les citoyens romains , et ce qui n'était pas romain étant en quelque sorte hors de lliumanité ^ il est certain que c'était r^onmaitre le principe de la suppression de la peine de mort; c'était même l'adopter d'une manière

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