TROISIÈME PARTIE. 3o
lisation de TOrient était fondée sur les castes , celle de Rome et de la Grèce sur Fesclavage. Je ne dis rien en ce moment de l'institution du patronage et de la clientelle, parceijue j'aurai à la faire connaître dans toute son étendue et dans toute son éiiergîè. Une fois admis que la société était uiie institution naturelle , principe qui n'a été contesté que dans le dernier siècle, il a bien fallu admettre que leë choses sans lesquelles on ne pouvait concevoir la société étaient naturelles aussi. Arrivé là il ny a plus qu'un pas à faire, et ce pas, pour certains esprits , est un abyme ; il suffit d'eii venir à cotn-^prendre que les formes sociales se succèdent avec les âges de l'esprit humain , et que toutes sont bonnes, chacune dans son temps; toutes sont initia^ trices. Daiis le monde successif, tout doit avoir des lois successives. De là il sera facile d'arriver à ceci, q^'un progrès, est un perfectionnement. Permettez donc à la société de se perfectionner. Je vais au-^è^ vaut d'une objection. lia société n'est-elle pas soumise à la loi qui atteint tous les êtres, celle de la vieillesse et de la mort? Oui , sans doute ; et , depuis les temps historiques, nous savons combien de sociétés humaines ont subi cett^ loi générale des êtres. Maïs je ne parle jamais que de la société générale dii genre humain ; et celle-là va toujours se perfectionnant. Encore un mot sur ce sujet; Lorsqu'on veut
3o4 PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
conserver des formes sociales usées, et les conserver en dépit du progrès, c'est alors qu'elles sont contre la nature, c'est-à-dire contre la Providence, négatives du droit divin. Si, par exemple, il pouvait être prouvé que Tinstitution des castes ait été à l'origine , dans l'Inde , comme une initiation appliquée à la société elle-même, pour diriger les hommes d'intelligences diverses ; qu'ainsi le partage des castes fût primitivement le partage des genres d'épreuves, selon la variété des facultés humaines, il en résulterait qu'à une époque antérieure on devait s'élever dans la hiérarchie des castes, comme plus tard on s'éleva dans les grades emblématiques de l'initiation égyptienne par les épreuves successives. Les grades de l'initiation et la hiérarchie des castes auraient donc été identiques , et les prêtres de l'Egypte n'auraient fait que transporter dans leurs souterrains une image des antiques sociétés de rinde, lorsque déjà, peut-être dans l'Inde, le mouvement progressif avait été arrêté; parceque le fait qui ne manque jamais de se manifester, celui *de la forme religieuse, s'introduisant dans la forme civile, et se l'assimilant, ce fait y aurait gouverné trop tôt les esprits, et les aurait gouvernés sans préparation. Nous expliquerions ainsi pourquoi, dans les sociétés de l'Inde, l'idée primitive ayant été pétrifiée, ce qui était préparatoire est devenu défini-