DEUXIÈME PARTIE. io
Gicéron dit que les Mystères ont civilisé les hommes : « Les Mystères , ce sont ses expressions , nous ont donné la vie, la nourriture; ils ont epsei^é les mœurs et les lois aux sociétés ; ^ ont appris aux hommes à vivre en hommes. »
Parmi les nations de la gentilité, celles qui ont été privées de l'institution des Mystères sont res*tées plus long-temps en arrière de la civilisation.
Les anciens disaient que les initiés seuls par-^ venaient à la vie heureuse de TË^ysée, et que les autres étaient plongés dans le Tartare : dans le langage de Tinitiation , cela voulait dire sans doute que le reste serait appelé à de nouvelles épreuves; . car, si Ion n admettait pas un tel sens, il y aurait injustice. Servius explique, et il y était autorisé, que l'Enfer, la région inférieure, c'est notre monde. Cette hypothèse s'accorde parfaitement, ainsi que nous venons de le voir, avec les idées antiques, avec les doctrines primitives et traditionnelles de . l'épreuve et de l'expiation.
Cest bien le moment de répéter que, sous certains rapports, le christianisme a été l'initiation devenue générale et populaire.
De tout ce qui a été dit plus haut, et d'autres documents qu'il serait facile d'accumuler, il résulte que la civilisation de la Grèce est une oivilisation secondaire, extérieurement imposée; c'est
io6 PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
un fiiitqai nett point oonfeslé, quoique presque tous les peuples de cette contrée se soient dits autocthones, ce qui veut dire identiques avec la ferre; et TcMidre d'idées jpeprésenté par ce mot sera expli* que par la suite. La même chose peut s'affirmer des diverses populations italiques. Nous savons à présent que toujours la civilisation est imposée à un peuple par des moyens extérieurs à ce peuple, et qudquefots très violents ,' ce qui détruit de fond en comble tous les systèmes du siècle dernier sur la convention et sur le contrat primitif; et c est là j pour le dire ici d'avance, une des premières données qui m ont conduit à la pensée de la Ville des Exfnations, dont nous aurons bientôt à exposer le dessdn. L'éducation de Thomme, l'éducation d'un peuple, celle du genre humain , sont toujours pénibles et souvent douloureuses. Nous avons com-^ mencé à en entrevoir les raisons , et nous en trouverons quelques développements dans la suite des différents écrits qui compoisent la Paliugénésie sociale.
Nous devrions à ce sujet examiner la question importante des civilisations spontanées et des civilisations transmises. Mais, si l'on m'a bien compris, on sait que je suis loin de croire aux premières, dans un sens absolu.
Selon moi , immédiatement après la dernière révolution qui changea la surface de la terre, dès